Je vous livre aujourd’hui la traduction d’un article consacré à l’utilisation de la lance en tant qu’instrument de renforcement, outil de Tanren.

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Même si de nos jours, la pratique de la lance en tant que telle est devenu minoritaire, son importance demeure dans les pratiques modernes, apparaissant en filigrane dans des pratiques aussi différentes que l’aikido, l’ aunkai bujutsu ou encore le hsing i chinois.

En espérant que vous puissiez trouver de l’intérêt à cette lecture.

Le Tanren en se servant d’une lance, Sôsôho (操槍法)

Tanren avec la lance

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Sagawa sensei du Daito ryu Aiki Bujutsu, que l’on considère comme un prodige exceptionnel, nous a laissé les compte-rendus de ses tanren journaliers inscrits dans des cahiers.

Il a ainsi écrit avoir accompli de plusieurs centaines à plusieurs milliers de répétitions de diverses méthodes de Tanren au cours de plusieurs décennies, tel des pompes, le shiko, des coups de poing directs (choku tsuki), le maniement du furibo, etc.

De plus, il ne s’agit pas d’une pratique de jeunesse afin de satisfaire sa force physique, ces nombreux exercices eurent lieu après qu’il ait dépassé l’âge de 77 ans.

D’après ce que Sagawa sensei nous raconta lorsqu’il était encore de ce monde, il passa des dizaine de répétitions du début à plusieurs milliers au fur et à mesure que s’écoulaient les mois et les années.

De plus, il exécutait la totalité de ces nombreuses répétitions en trois heures environ.

Bien sur, ces tanren ne visaient pas simplement à améliorer la force physique et la résistance, il les conçut spécialement dans le but de construire ce que l’on nomme le « corps de l’aiki » (aiki no karada). On pourrait considérer cela comme une sorte de « surmenage », mais ce n’est absolument pas ça.

Parmi ces exercices se trouvaient des tanren utilisant la lance (yari).

Takahashi sensei, qui a suivi Sagawa sensei pendant un quart de siècle, recevant l’enseignement jusqu’au niveau Jugen du Daito ryu aiki bujutsu de la lignée Sagawa, nous parle de ces tanren à la lance.

(NdT: Le système de Sagawa sensei comprenait un ensemble de dix niveaux de progression, les Gen; Jugen correspond au dixième et dernier niveau)

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Takahashi sensei

Selon les notes personnelles de Takahashi sensei, du 1er février 1976, Sagawa sensei racontait qu’il réalisait ces tanren en se servant d’un lourd tuyau en fer de canalisation.

La grande lance chinoise est réputée au sein des Bujutsu (Wushu) qui s’en servent comme outil de Tanren. En Chine, on utilise pour confectionner la hampe de la lance, un arbre solide et capable de se ployer le Hakuro. Cette lance peut mesurer de 3 à 4m de long et être muni d’une ponte assez grande.

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A l’origine instrument militaire, la grande lance sert souvent désormais de méthode de Tanren. On l’utilise souvent pour exécuter le mouvement Daikanshi (大杆子); on ne fixe pas de pointe à ce moment-là.

Une vidéo illustrant le Daikanshi (大杆子)

Il n’existe pas que les mouvements de lance, Ran (rotation extérieure), Na (rotation intérieure), Cha (estoc), Chao (bond) et Bi (frappe descendante), il y a aussi la méthode où on fait osciller l’arme en la brandissant horizontalement.

Si on compare le Hakuro au chêne, etc, c’est assez léger, mais un bâton dépassant les 3m est quand même assez lourd, de plus, son épaisseur fait qu’on ne peut pas le manier du bout des doigts.

Pour faire osciller la lame, le secret réside dans la façon de se servir du corps. Comme ce bois plie bien, l’amplitude d’oscillation à la pointe est importante. Ainsi seulement, on devient capable de faire le Tanren jusqu’au coeur du corps.

En dehors de la grande lance, les maitres de Bujutsu chinois (Wushu) se servaient, en tant qu’outil de tanren, d’armes avec un long manche, on balançait un grand sabre (quelque peu semblable au naginata- pesant quelques dizaines de kg.

D’un autre côté, dans le Bujutsu japonais, on n’entend pas tellement parler de l’utilisation, dans le but de se renforcer, de longs objets ou de dérivés du sabre (Bien sur, en pratiquant la lance et le naginata, le corps s’en trouvait naturellement renforcé).

Le fait d’utiliser la lance comme outil de Tanren, tel que le faisait Sagawa sensei, peut être considéré comme un exemple rare selon la conception des Bujutsuka japonais modernes.

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L’art de la lance du Daito ryu

Dans la lignée Sagawa du Daito ryu, il a été développé une méthode d’utilisation de la lance qui s’appuie sur le principe de l’aiki et que l’on nomme Aiki sojutsu.

Cela ne provient pas de Sokaku Takeda, c’est la création de Sagawa sensei.

Il existait un art de la lance dans le Daito ryu. Une histoire à propos de Takeda sensei, considéré comme le véritable créateur de l’école, évoquant un défi à la lance, nous est parvenu.

Au cours de ce combat, Takeda sensei aurait été heurté à la bouche par une lance d’entraînement (dont la pointe est protégée) et il eut des dents cassées. C’est l’unique épisode concernant la lance qui nous soit parvenu à propos de Takeda Sokaku.

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Takeda Sokaku

Malheureusement, on ne sait pas vraiment de quelle école et de quel professeur il tenait sa technique de lance. Nous ne connaissons pas non plus sa façon d’utiliser le corps avec une lance. Il nous reste des anecdotes impliquant la lance, bien que nul n’ait assisté à son entrainement ou à son utilisation en vrai.

Par exemple, lorsque Takeda sensei a séjourné chez la famille Sagawa, il est arrivé qu’il attrape froid. Il s’est emparé d’une lance et s’est mis à l’agiter au milieu de la neige. Il s’est ainsi guéri en faisant baisser la fièvre.

La lance en question était un Suyari (NdT: une lance à lame droite) mais on ignore quelle en était la longueur. On a suggéré qu’il avait fait ses propres recherches à partir d’une forme quelconque.

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Suyari

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Ensuite, il convient d’évoquer le lien entre le Sojutsu (art de la lance) et Sagawa sensei.

Dans un document intitulé « Avis de succession au titre de soke du Daito ryu », une partie est consacrée au curriculum martial de Sagawa sensei.

Il y est inscrit que ce dernier effectua

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des recherches sur l’essence des méthodes de sabre d’écoles anciennes et de l’art de la lance de l’école Oshima (Oshima ryu sojutsu).

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Avis de succession au titre de soke du Daito ryu

Le Oshima ryu fut fondé par un certain Oshima de Mino (faisant partie de l actuelle préfecture de Gifu); c’est un style de lance et de naginata qui utilise un long Suyari d’environ 3m30. On raconte qu’il ouvrit cette école après avoir herité de son père un style de sabre et de lance, mais aussi après avoir étudié le style Oishi Shinkage ryu de Oishi Susumu Tanetsugu.

Ce dernier terrifia le monde du bujutsu de l’époque Edo en utilisant un long shinai (sabre de bambou) de 1m62 au cours des matchs de kendo. (NdT: Il semble d’ailleurs que ce soit lui qui força ainsi les pratiquants de sabre de l’époque a adopté un shinai plus long que le sabre réel, longueur qui existe toujours dans le kendo moderne)

On ne sait pas avec qui, où et quand Sagawa sensei a apprit le Oshima ryu sojutsu,

Selon Takahashi sensei, la relation et l’influence de cette école sur l’Aiki sojutsu édifié par Sagawa sensei résulte d’une expérience unique.

Takeda sensei au cours de ses voyages ici et là a modifié le contenu de ses sessions d’enseignement pour placer au centre le taijutsu. Mais il lui arrivait aussi d’ enseigner le kenjutsu, etc. Ce n’était pas systématique, il choisissait le programme au hasard. Dans le Daito ryu de la lignée Sagawa est incorporé le travail des armes, sabre, bâton, lance, etc.

Sagawa sensei a fixé de façon formelle le principe de l’Aiki dans les bases.

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La manière d’utiliser les mains et les bras avec la lance afin de se renforcer

Dans la lignée Sagawa du Daito ryu, on considère que les techniques d’armes (buki waza) sont un tanren de l’intérieur de la main.

Ce n’est pas qu’en Sojutsu, on trouve cet élément aussi dans le Kenjutsu et le Bojutsu.

Cela signifie lorsqu’on utilise les armes, qu’il est important de pouvoir resserrer les doigts et les mains en un instant.

Selon les paroles de Sagawa sensei notées par Takahashi sensei, « Lorsqu’on abat le sabre ou le bâton, en mettant de la force juste en un instant, si on ne serre pas les doigts et les mains, la technique s’en trouve limitée. Par contre, si on fait ceci correctement, cela devient un tanner des mains ».

Malheureusement je ne sais pas bien ce qu’était concrètement la forme du tanren à la lance effectué par Sagawa sensei.

Sagawa den aiki sojutsu – maniement de base

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Actuellement, Takahashi sensei en saisissant avec sa main arrière l’extrémité de la lance, adopte une posture semblable à un port de charge. Mais à l’origine en Sagawa den aiki sojutsu, on laissait dépasser une partie de la hampe de la lance.

En Aiki sojutsu, il n’y a pas que la garde à gauche (hidari kamae), celle à droite (migi kamae) est aussi pratiquée.

Même s’il semble certain qu’il se renforçait de cette façon, peu de personnes comme Taguchi shihan et Mr Wakabayashi, ont pu en être témoin.

Même si, d’après les notes prises par Takahashi sensei, Sagawa sensei a affirmé se servir d’ un tuyau de fer pour ses tanren, ce n’est pas quelque chose qu’il a enseigné ou bien effectué devant témoin. Sagawa sensei disait seulement qu’il était important de s’entraîner sévèrement aux techniques d’arme, ou encore que l’on devait tester divers angles en se confrontant en taijitsu, etc.

On sait au moins que piquer avec le suyari (lance à lame droite) en se servant de la vrille est une base importante. Cependant, même si on dit « effectuer une torsion », il ne faut pas le faire sciemment. Si on pique avec la structure du corps, c’est un mouvement qui apparaît naturellement.

Lorsqu’on pique avec la main en revers (gyakute) à la manière du bojutsu, la torsion est difficile à effectuer. De même dans les écoles comme le Hozoin ryu où on se sert d’ un kamayari (lance avec lame en croix) et où porte l’attention à l’angle d’attaque des lames latérales.

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Hozoin ryu

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Kamayari

Par contre si on tient le fuyari en Junte (main avec pouce et index orientés vers l’avant) lorsque l’on pique, le mouvement en spirale de l’avant-bras et de la lance apparaît naturellement.

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Sosen shuryoku tanren ho – le tanren de la force concentrée dans la pointe de la lance

« L’Entrainement avec partenaire de la force concentrée dans la pointe du sabre » désigne un entrainement de base en kenjutsu au Sagawa Dojo. Il s’agit d’échange de frappes en utilisant des shinai. L’ exercice peut se développer, toujours avec un partenaire, avec les suburi fondamentaux de l’Aiki bojutsu.

De même, en Aiki sojutsu, on accumule de la pratique pour transmettre la force dans la pointe de la lance. On pratique avec un partenaire des techniques telles Harai (balayage), Uchi otoshi (frappe descendante), Osae (contrôle) ou encore Suri age osae (contrôle en glissant vers le haut)

Aiki sojutsu kihon waza – Suri age osae tsuki (omote)

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1- Attaque du côté frontal du partenaire. On prend contact avec la pointe de la lance

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2- En avançant et en glissant vers le haut, on maîtrise vers le bas, grâce à un enroulement, la lance du partenaire.

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3- On pique en direction de la gorge.

Technique développée (Oyo waza)

A partir du développement de la technique précédente (Suri age osae tsuki), on obtient une technique de projection. Il s’agit d’un mouvement de renversement de la tête que l’on nomme Aotaoshi. Ce genre de techniques constitue le plus haut niveau des techniques d’arme de la lignée Sagawa du Daito ryu.

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On transmet oralement comment réagir sans force dans le cas où l’extrémité de la lance est aggripée.

En serrant la main et les doigts ensemble, la vrille du poignet (avant-bras) constitue un élément extrêmement important dans l’accomplissement des techniques Aiki.

Pour ce qui est des doigts, on accorde beaucoup d’importance au fait de serrer le petit doigt, mais il ne s’agit pas simplement de ça. Il est nécessaire de mettre de la force dans le pouce et l’index.

On doit avoir la sensation de faire passer la force jusque dans le pouce et l’index en fonction du serrage du petit doigt.

Construire l’intérieur de la main ainsi ne consiste pas à renforcer la simple force de poigne. Il s’agit de donner naissance à une force qui accompagne l’application technique.

Si au serrage des doigts s’ajoute la vrille, on peut déployer un grand effet de surprise.

Tsukami te (掴み手, la main qui aggripe) comme son nom l’indique , est une technique qui consiste à saisir et à contrôler le poignet de l’adversaire.

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Tsukami te (掴み手)

Il nous ait parvenu une anecdote évoquant la puissance du Tsukami Te de Sagawa sensei.

Alors qu’il s’était rendu dans une académie de police pour enseigner, il a fait tomber et contrôler avec Tsukami Te un géant, qui officiait lui-aussi comme professeur et qui devait devenir par la suite 9eme dan de Judo. Cet homme fut uniquement saisi par un poignet et il devint incapable de bouger, avant de finir renversé aux pieds de Sagawa sensei.

Takahashi sensei a fait l’expérience personnelle du Tsukami Te du Daito ryu.

Pour ceux qui en sont témoin, ce simple fait de vriller le poignet vers le haut lorsqu’on le saisit, apparaît comme une technique simple et sobre. Cependant son exécution en un clin d’oeil crée une vive douleur qui provoque un raidissement des muscles du dos. Sous le coup de la douleur, le visage pâlit et on finit à terre sans avoir pu faire l’ukemi. La main qui exécute Tsukami Te est similaire à celle qui fait jaillir la lance en un éclair.

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La vrille du Sojutsu et l’Aiki jujutsu – Tsukami Te

La torsion du poignet lorsque l’on pique avec la lance n’était pas spécialement détaillée dans l’enseignement de Sagawa sensei.

Lorsqu’on fait jaillir la lance, tel qu’illustré sur les photographies, on vrille le poignet vers l’intérieur. C’est un mouvement naturel.

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Dans ce moment-là, à cause du poids, si on veut contrôler la lance, serrer à l’aide du petit doigt revêt toute son importance. C’est quelque chose que l’on retrouve dans l’ensemble des techniques d’arme.

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Et même dans Tsukami Te qui représente une technique importante du Daito ryu aiki jujutsu, cela constitue un point clé primordial. Tsukami Te est généralement connu pour être une technique créant une vive douleur par la pression de la base de l’index sur le poignet adverse.

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A cause de cela, on a toujours tendance à appuyer fortement à partir du pouce en direction de l’index. En faisant seulement ainsi on ne peut transmettre beaucoup de force.

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En serrant fermement le petit doigt, on contrôle le poignet. Et puisque on peut transmettre une grande puissance en un court instant grâce à la vrille inspirée de la lance, l’adversaire se trouve dans la complète impossibilité de combattre.

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L’essence de l’enseignement de Sagawa sensei à partir de la lance

« Cependant la force de l’intérieur de la main qui se manifeste dans Tsukami Te n’est que la première étape. Celui qui apprend le Daito ryu doit chercher plus loin », nous dit Takahashi sensei. Et ce « plus loin » évoqué, c’est la défense.

En ce qui concerne la défense la façon de recevoir le corps (ukemi) a une image de passivité, mais si on considère le sens martial, la défense n’est jamais passive, elle contient un élément offensif considérable. C’est quelque chose d’actif.

Il existe en Aiki Sojutsu des techniques que l’on nomme Harai (balayage), Uchi Otoshi (frapper vers le bas), Maki Otoshi ( abattre en enroulant), Osae ( contrôle), et qui sont la base de la défense. Mais il ne s’agit pas seulement s’abattre, de dévier la lance adverse.

Cela ne concerne pas que la lance, en transmettant la force jusque dans le corps du partenaire, en créant un déséquilibre, on finit par le terrasser. C’est le principe fondamental de la défense en Aiki Sojutsu.

C’est identique en Kenjutsu, Bojutsu, Taijutsu.

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Les techniques de Kenjutsu comme Suru (glisser sur, brosser), Inasu (créer un déséquilibre par une rapide esquive), Surinagasu (brosser avec fluidité) étaient les mouvements favoris de Takeda sensei.

Une des caractéristiques de l’Aiki Sojutsu dont se servait Sagawa sensei était « Sokuizuke »

(NdT: littéralement « mettre du sokui », le sokui étant une colle obtenue par écrasement et pétrissage de grains de riz)

Si lorsque Sagawa sensei piquait avec sa lance, on touchait la hampe, on se trouvait complètement dirigé par « sokui », on était incapable de s’éloigner, on était seulement happé, allongé ou bien encore maîtrisé en ayant été renversé.

Avec Sokuizuke, ce n’est pas que l’on soit totalement privé de force. Avec un peu de vitalité, si l’adversaire se redresse, on profite du mouvement.

Il existe des cas où on est contrôlé par Sokui, lance contre lance, ou bien lance contre sabre, bâton, etc.

A ce moment, le fait de « vriller » joue un rôle important.

Sagawa sensei a dit à Takahashi sensei, « L’aiki est une technique où on laisse le partenaire sans force ». Au moment du contact, instantanément, on déséquilibre le partenaire en le privant de sa force.

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Pourtant ce n’est pas quelque chose que l’on peut reproduire comme l’hypnose ou qui reste flou comme un pouvoir surnaturel.

C’est une « technique ». En la développant, c’est ce qui fait que l’on ne peut pas s’éloigner car on reste collé au moment où on entre en contact.

On peut la déployer dans diverses situations, lorsque notre bras est saisi par le partenaire, lorsque nous même attrapons le bras de quelqu’un, lors du contact des armes, sabre, bâton, lance, etc, lorsque notre bâton ou notre lance est aggripé par le partenaire, ou encore lorsque nous capturons le corps de l’adversaire avec notre arme.

« C’est une technique de virtuose très éloignée du niveau d’hommes ordinaires tels que nous, mais je sais que le but est ce sommet », nous avoue Takahashi sensei.

Cela ouvre de nouveaux horizons pour les tanren de l’intérieur de la main ou Aiki Age, un exercice de base représentatif du Daito ryu.

Que ce soit dans Aiki Age, que ce soit dans le renforcement de l’intérieur de la main, ce qu’on appelle sommairement les « Tanren des mains », en pratique, on doit y associer la force de tout le corps.

Il convient de réfléchir aux tanren pour concentrer tout ceci dans la main, qui est le point d’action instantanée. Sagawa sensei précisait qu’il ne s’agissait pas que des mains, on peut concentrer la force de tout le corps dans n’importe quelle région.

Selon Takahashi sensei, lorsque l’on touchait Sagawa sensei il y avait une action direct sur un centre vital (kyusho).

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…une action direct sur un centre vital

Sans se limiter au cas d’une saisie de la main ou à celui d’une frappe du poing, au moment du contact avec une partie du corps de Sagawa sensei, coude, pied, etc, on ressentait une vive douleur.

En tant qu’acupuncteur, Takahashi sensei connait précisément les kyusho du corps mais cela lui est impossible de reproduire la technique de Sagawa sensei.

photo-5--copie-1Takahashi sensei pratiquant sous la supervision de Sagawa sensei

Cela ne concerne pas une partie fixe du corps. Il s’ajoute une force particulière qui ébranle le kyusho de l’endroit qui a été touché.

Il faut réfléchir à la manière de condenser ce principe dans Tsukami Te, Aiki Age ou bien dans les tanren de l’intérieur de la main.

Après avoir passé les 80 ans, Sagawa sensei ne se servait plus du furibo octogonal pour se renforcer. Il se servait d’un marteau à la place. Il est impossible de manipuler seulement avec la main de grands et longs instruments tels le furibo, la lance ou encore le marteau.

Lors de Aiki Age, parvenir à faire « flotter » à partir des hanches quelqu’un qui est assis, représente une difficulté équivalente si on tente de se servir de la force des bras alors qu’il y a une différence de poids.

Ces tanren servent à construire les fondations du corps de ‘laiki en recherchant à taton la nécessité d’une telle force, comment utiliser le corps.

Et ainsi, on accomplit des tanren en portant des charges afin de ne pas se servir uniquement des mains.

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Méthode de renforcement transmis directement par Sagawa sensei -Tanren des poignets avec le marteau

Dans les notes de Sagawa sensei, il est fait mention de l’utilisation d’un grand marteau pour les Tanren (un grand marteau de chantier dont le manche a été raccourci). J’ai pu rencontrer Mr Sakuma qui a reçu l’enseignement direct de Sagawa sensei.

« Sagawa sensei n’enseignait pas les tanren » nous dit-il, mais en pratique, il délivrait des conseils en accord avec le tempérament du pratiquant.

En A, on exécute l’exercice en balançant le marteau vers le bas, en le tenant en Junte (position pouce et index orientés vers l’avant)

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Tandis qu’en B, on balance l’outil vers le haut en le tenant en Gyakute (Inverse de Junte, pouce et index dirigés vers soi)

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L’un et l’autre ont été enseignés en s’exécutant plusieurs fois aussi rapidement que possible.

En C, on peut observer le maniement de la lance, au cours de ce Tanren, invention de Mr Sakuma, où on pique en faisant tourner le marteau en le soutenant d’une main.

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Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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