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Ancienne photographie de la pratique du Yagyu Shinkage ryu. Le personnage à droite est Yagyu Toshichika, 19ème soke de l’école, en lignée directe avec Kamiizumi Nobutsuna et Yagyu Munetoshi.

Le Yagyu Shinkage ryu reste et demeure l’une des écoles classiques de kenjutsu les plus connues tant au Japon qu’en occident.

La lignée principale, dite Owari, dont la lignée remonte jusqu’à l’illustre Kamiizumi Nobutsuna au 16ème siècle, se divisa en quatre branches à l’époque du 19ème soke, Yagyu Toshichika.

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Yagyu Toshinobu (à droite), actuel soke de l’école Yagyu shinkage ryu

D’une part, la branche principale perdura jusqu’à notre époque à travers la famille Yagyu dont l’actuel représentant est Yagyu Toshinobu (devenu soke en 2006), mais également trois des élèves de Yagyu Toshichika, à savoir, Kanbe Kinshichi sensei, Ōtsubo Shihō sensei et Watanabe Tadatoshi sensei se révélèrent suffisamment talentueux pour obtenir le droit d’établir leur propre branche.

Ainsi, Kajitsuka sensei que j’avais eu la chance de rencontrer en 2008 enseigne et transmet toujours le Yagyu shinkage ryu de la branche Otsubo. En effet, le précédent soke du Yagyu shingan ryu, professeur de Kajitsuka sensei, Muto Masao sensei, étudia avec Otsubo sensei, et après que ce dernier lui est octroyé un Menkyo Kaiden, décida d’enseigner conjointement les deux traditions martiales, Yagyu shingan ryu et Yagyu shinkage ryu.

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Muto sensei, 10ème soke du Yagyu shingan ryu taijutsu

Il est important de prendre bien garde. Malgré la similarité des noms, les deux écoles sont fortement différentes.

D’un côté, le Yagyu shingan ryu est une école de champ de bataille, dans l’ensemble des gestes on devine le port d’une lourde et encombrante armure. Les mouvements sont lourds, courts, puisant leur force dans la terre. La base vise, à mon sens, plus à forger le corps par le port de charge, la recherche de l’enracinement, l’utilisation globale de la musculature, le contrôle de la respiration.

L’école Yagyu shinkage ryu, au contraire, fut développé à une époque où le combat en armure tombait en désuétude, le Japon connaissant une relative période de paix sous l’égide du shogunat Tokugawa. Ainsi on retrouve dans cette école de sabre une plus grande légèreté, de la rapidité aussi, un côté aérien qui contraste avec le style terrien du Yagyu shingan ryu.

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Ōtsubo Shihō sensei

Ōtsubo Shihō, célèbre maître de sabre, qui était une relation de Ueshiba Morihei étudia l’école Yagyu shinkage ryu auprès des maîtres Yagyū Sangorō Taira Toshichika et Yagyū Kinji Taira Toshinaga, respectivement 19ème et 20ème héritier de la lignée Owari.

Il obtint le privilège assez rare de pouvoir créer sa propre branche.

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Par la suite, c’est son élève, Muto sensei, puis l’élève de ce dernier, Kajitsuka sensei, qui prirent la succession de la branche en question.

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Kajitsuka sensei (de dos) exécutant un kata du Yagyu shinkage ryu

Je vous invite à lire (ou à relire) la traduction d’un entretien qu’avait accordé en 2008, Kajitsuka sensei, sur le blog « Sur les pas de Mars« : Tête à tête avec Kajitsuka Sensei (Yagyu Shinkage Ryu)

Un peu comme toujours, j’étais tombé par hasard, il y a quelques mois, sur une vidéo japonaise très intéressante, illustrant certains mouvements du Yagyu shinkage ryu. Cette vidéo a depuis été doté de sous-titres en anglais ce qui permet ainsi d’en élargir le public potentiel.

Le professeur donnant les explications est Isao Kato sensei, élève de Kanbe Kinshichi sensei, représentant de la branche Shunpukan (春風館) du Yagyu shinkage ryu.

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Kanbe Kinshichi et Kato Isao au dojo Shunpukan en 1980

Outre, certains aspects du kata Itto Ryodan, kata qui est la base du Yagyu shinkage, il démontre également un habile mouvement de dégainage caractéristique de son école.

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La prise du sabre en « bouche du dragon » (tatsu no kuchi) est également évoqué.

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Le Yagyu shinkage ryu est une école de sabre, simple et complexe à la fois, reposant sur une économie de mouvements des plus intéressantes. Il est également possible d’y retrouver un certain nombre d’éléments ayant influencés la pratique de Morihei Ueshiba.

Cependant, l’importance de cette influence, son origine même, reste vague. En effet, si on explore les pratiques martiales de Ueshiba sensei, on ne trouve aucune trace de l’étude du Yagyu shinkage ryu.

Cependant certains experts remarquent une forte ressemblance par exemple entre la méthode de sabre, Shochikubai no ken, transmis par Ueshiba sensei à l’un de ses élèves, Hikitsuchi sensei.

De plus, un expert de Yagyu shinkage ryu, le commandant de marine, Gejo Kosaburo, étudia auprès de Ueshiba sensei, dès 1925, et ce jusqu’au début des années 30. Gejo Kosaburo, ami de Takeda Sokaku, semble être celui qui enseigna des éléments de Yagyu shinkage ryu (si on se réfère par exemple au témoignage de Tomiki Kenji).

 

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1927, Gejo Kosaburo au côté de Ueshiba Morihei

C’est ce qui fera dire à Otsubo sensei, lorsqu’il, quelques années plus tard, eut l’occasion d’observer la pratique du sabre de Ueshiba sensei, « Sensei, vous devez avoir étudié le Yagyu shinkage ryu quelque part« .

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Cependant, lorsqu’on s’aventure dans ce champs de recherche, les pièges et sources de confusion peuvent se révéler nombreux.

Tout d’abord, le terme « Shinkage ryu » connut dans le passé son petit effet de mode, et un certain nombre d’écoles, parfois sans aucun rapport entre elles, en firent usage. Les kanji employés étant parfois très différents. Un simple exemple, 柳生新陰流, Yagyu shinkage ryu et 鹿島神傳直心影流, Kashima shinden shinkage ryu (voir cet article), peuvent parfois être désigné sous le même diminutif, Shinkage ryu. Cela peut bien sur compliquer les choses, n’est-ce pas.

Mais il existe également d’autres éléments pouvant semer le trouble dans les esprits.

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La photographie ci-dessus est celle d’un densho (rouleau de transmission) intitulé « Shinkage ryu densho », offert à Ueshiba Morihei par Takeda Sokaku.

On pourrait

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alors face à un tel document, envisagé que c’est Takeda sensei en personne qui enseigna le Yagyu shinkage ryu au fondateur de l’aikido. Seulement, là aussi, rien dans le parcours de Takeda sensei n’indique qu’il ait pratiqué ce style (se référer à cet article).

Selon Ellis Amdur, par exemple, cela fait référence au Shinkage ryu jujutsu, le nom Shinkage n’ayant aucun lien avec l’école de sabre, sujet principal de cet article. D’ailleurs il n’existe également aucune preuve que Takeda sensei ait étudié un tel système. On peut alors envisagé que le document fut délivré à titre symbolique pour souligner un lien particulier entre un maître et son élève.

Il ne s’agit pas d’ailleurs d’un diplôme, mais bien d’un document évoquant le Yagyu shinkage ryu, avec notamment des passages du Heiho Kadensho, le célèbre ouvrage écrit par Yagyu Munenori, le fils de Yagyu Muneyoshi.

Bref, la relation du Yagyu shinkage ryu avec l’aikido reste un sujet, certes passionnant, mais complexe…

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Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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2 Comments

Axel MAZUER

Bonjour,

J’écris aujourd’hui suite à cet article sur le « Yagyu Shinkage Ryu », à propos du « tsuki no shô ».

Le « tsuki no sho » est un traité stratégique et philosophique traditionnel concernant principalement le kenjutsu, écrit par l’un des plus célèbres escrimeurs de toute l’histoire du Japon : Yagyû Jûbei Mitsuyoshi (1607 – 1650).

Et j’ai réussi à en retrouver un exemplaire complet en japonais moderne !

Je l’ai donc numérisé, en 73 images Jpeg, que j’offre pour toi et pour ton site (Voir ci-dessous).

Fiche technique :

Auteur : Yagyû Mitsuyoshi (柳生 三厳)

Titre en langue originale : « 月 之 抄 »

(Autres graphies mentionnées, en langue originale : 月之抄 / 月の抄 / 月ノ抄 / 月之書 / 月の書 / 月ノ書 / 月之諸 / 月の諸 / 月ノ諸 / 月見之抄 / 月見の抄 / 月見ノ抄 / 月見之書 / 月見の書 / 月見ノ書 / 月見之諸 / 月見の諸 / 月見ノ諸 )

Titre en japonais : « Tsuki no Shô » ( ou parfois : « Tsukimi no Shô » )

Titre en français : « Écrit(s) au clair de lune »

Titre en anglais : « Annotation(s) in the moonlight »

Année : 1642

S’il t’intéresse, tu peux télécharger gratuitement et directement l’intégralité de ce texte traditionnel en japonais moderne, rassemblé en un seul fichier Zip (d’environ 45 Mo), à ce lien via Sendspace :

https://www.sendspace.com/file/oshh57

Cette transcription en japonais moderne est issue du livre de Yoshio Imamura, « Shiryô Yagyû Shinkage-Ryû (Vol. 2) » [ 史料 柳生 新陰流 (下巻) ], dont elle occupe environ les 70 premières pages (Pages 9 à 80).

A +

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