Dans le numéro de juillet 2010 du magazine « Hiden », un dossier consacré aux caractéristiques des anciens guerriers japonais. L’un des articles est ainsi consacré à la formation et au renforcement du corps à travers les exercices du sumo. Ce qui constitue le sport actuel qu »est le sumo provient sans doute du plus ancien système martiale japonais qui soit. Bon nombre d’exercices popularisés par les rikishi (lutteurs) font partis des bases dont se servaient les guerriers du passé au Japon pour améliorer leurs capacités martiales.

Je vous propose aujourd’hui la traduction d’une partie de cet article.

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Les trois méthodes pour construire le corps du samurai

Dans koshi wari on trouve l’ensemble des bases

Koshi wari constitue le fondement des exercices shiko, teppo et suri ashi. Sans cela, on ne peut pas parler de tanren du sumo.

(NdT: Koshi wari est le travail qui consiste à étirer les mucles des hanches. Shiko est le désormais bien-connu exercice de levée de jambes du sumo. Teppo est un exercice qui consiste à marteler des paumes un poteau dans une position mi-accroupie. Suri ashi est un exercice de marche sans décollé les pieds; dans une position mi-accroupie, jambes écartés et buste penché vers l’avant.)

On utilise koshi wari pour le tanren des muscles internes. Autant que possible, il est souhaitable de le faire sans force afin d’éviter d’activer les muscles externes. Les conditions maximales se trouvent dans la « forme ». Si on insère pas la clé dans la serrure, le verrou ne s’ouvre pas. Si on insère pas la clé, c’est-à-dire la forme précise, dans le coffre, c’est-à-dire le corps, le trésor scellé ne sera pas mis à jour. Si on accomplit pas la forme correcte, on active les muscles externes et finalement, cela devient des squats.

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A1: En maintenant droit le haut du corps, ouvrez largement les deux jambes. Avec cet écartement, on se dirige vers la forme finale A3 où le bas (des jambes) à partir du genou devient perpendiculaire au sol. On ouvre la pointe des pieds vers l’extérieur. Lorsqu’on fait tomber les hanches, les genoux et les pointes des pieds s’orientent de la même manière.

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A2: En faisant tomber verticalement le haut du corps, on ouvre les genoux et les articulations des hanches. Genoux et pointes des pieds dans la même direction. Si les genoux rentrent à l’intérieur; cela arrête le mouvement.

Au fur et à mesure que les hanches descendent, les muscles des hanches et des intestins se resserrent et cela tire le haut du corps (voir le schéma 1)

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A3: En abaissant les hanches, on conserve l’écartement sans briser notre posture. Il n’est pas nécessaire d’abaisser les hanches d’une manière déraisonnable.

Avec le haut du corps droit, on respecte la règle qui consiste à conserver le bas des jambes perpendiculaire au sol.

Regardons l’étape A3 à partir d’une vue latérale. Le bas des jambes est parfaitement vertical. C’est quelque chose que les gens ordinaires ne peuvent pas imiter facilement à cause de la faiblesse de leurs articulations de hanches. L’essentiel est d’ajuster le degré de descente des hanches et l’ouverture de la pointe des pieds; sans briser notre attitude.

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Schéma 1

Ci-dessous deux mauvais exemples:

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De Koshi wari vers Shiko

Après avoir exécuté de nombreuses fois le tanren de Koshi wari, l’étape suivante est Shiko.

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Pour exécuter shiko, ce mouvement où on lève la jambe, la tendance est de mettre de la force en activant les muscles extérieurs. De plus, comme on se tient debout sur une seule jambe, on peut facilement perdre son équilibre. En renforçant les muscles internes, on peut facilement accomplir la forme où on ne monte pas la jambe très haut. Dans ce cas, c’est la forme de Koshiwari qui devient la base.

Forme A

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Attitude droite – Retirez la force de la jambe qui monte – On lève la jambe naturellement avec la contraction des muscles des hanches et des intestins

A1- Forme de shiko traditionnel. Pour lever la jambe naturellement à partir de Koshi wari, en contractant les muscles des hanches et des intestins (voir schéma 2), on comprend d’après les photos, qu’il faut lever la jambe avec légèreté sans utiliser les muscles externes.

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Schéma 2

On utilise la gravité – On fait tomber le pied depuis la pointe des orteils

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A2- On laisse tomber le pied et la hanche d’une seule expiration, en accord avec la gravité, en retirant le genou de l’axe de la jambe et en mettant de la pression dans le ventre. Le pied tombe naturellement à partir de la pointe des orteils et on revient à la forme de Koshi wari.

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Forme de Koshi wari

A3- Shiko commence et se termine avec Koshi wari. D’une manière cohérente, on conserve l’attitude droite du début jusqu’à la fin.

Par rapport à la forme B illustré ci-dessous, ce que nous venons de décrire procure une impression différente, plus sobre mais en tant que Tanren la forme A a du sens.

Forme B

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Levez la jambe à l’aide de la main – Activation des quadriceps – attitude inclinée

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Faire tomber uniquement la jambe en laissant la hanche

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La forme B est celle qui est généralement exécutée de nos jours. On lève la jambe très haut en prenant une attitude inclinée et en activant les quadriceps. Puis on fait tomber uniquement la jambe en laissant la hanche, On pose le pied en s’écrasant complètement.

De Koshi wari vers Teppo

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Si lors de Koshi wari, on se renforce en utilisant la gravité, c’est-à-dire en allant dans la direction verticale, Teppo quand à lui, est un tanren où on transforme la direction verticale de la force (gravité) en une direction horizontale.

On peut voir ci-après la différence qui existe entre la forme qui est exécutée en général (1) et celle qui se faisait encore dans les années 50(2). Dans l’ancienne méthode, en adoptant la forme de base de Koshi wari, on frappait en retournant l’un des bras.

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1- Forme de Teppo qui est exécutée habituellement de nos jours. Avec une attitude penchée, cela devient uniquement un mouvement de bras qui fortifie les flancs. On peut voir qu’on lance le corps depuis la tête en se voûtant.

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2-1- A partir de la forme de Koshi wari, on retourne le bras gauche et en même temps on frappe du bras droit en avant. Le haut du corps depuis les hanches est droit et on utilise tout le corps. Cela donne une bonne impression.

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Regardons la forme de gauche depuis l’arrière. L’omoplate, l’épine scapulaire et le bras sont alignés. On a une position fonctionnelle des jambes qui n’induit pas de rotation du fémur. On appelle cela la position zéro.

Il n’est pas étonnant que depuis les temps anciens, une utilisation plus rationnelle du corps ait été faite et cela n’est plus enseigné.

Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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2 Comments

FX

Article très intéressant, il faudra que j’essaie. Néanmoins, une petite coquille : les jambes n’ont pas d’humérus.

Reply

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