C’est en nombre que la famille Sunadomari a côtoyé le monde de l’aikido en fréquentant son fondateur, Ueshiba Morihei.

En effet, deux frères et une soeur jouèrent chacun un rôle privilégié dans cet univers.

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Sunadomari Kanshu et Ueshiba Morihei

Le plus jeune des frères, Sunadomari Kanshu (砂泊誠秀), né en 1923 et décédé en 2010, fut un des plus talentueux élèves de O sensei, débutant au Kobukan dojo, le dojo de l’enfer, il se sépara par la suite de l’Aikikai pour développer l’aikido dans l’île de Kyushu, au sud de l’archipel.

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Sunadomari Fukiko et Ueshiba Morihei devant l’entrée du Honbu dojo de Tokyo

Sa soeur aîné, Sunadomari Fukiko (砂泊扶妃子), né en 1914 et décédé en 2006, fut dès les années 50, une amie et confidente du fondateur, occupant même un temps le poste de directrice de la section féminine de l’aikikai.

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Sunadomari Kanemoto

Quand à l’aîné des trois, Sunadomari Kanemoto (砂泊兼基), né en

1914 et décédé en 1983, devint l’élève de Ueshiba dès 1928, continuant à entretenir une relation avec ce dernier tout au long de sa vie, au point d’être le premier à écrire sa biographie en 1969, quelques mois avant son décès.

Il raconte d’ailleurs sa première rencontre avec Ueshiba Morihei en ces termes:

Ce fut au printemps 1928 que j’ai assisté pour la première fois à une démonstration d’aikido par Ueshiba Morihei sensei. J’étais un fidèle de la religion Omoto et je m’étais porté volontaire pour travailler à la chapelle de Kameoka. Je me rendis avec mon père à Ayabe pour le matsuri du printemps et je fus spectateur d’une démonstration se tenant dans le Omoto Mirokuden à Ayabe.

Ce jour-là, Ueshiba sensei portait un kimono formel avec ses armoiries.

(NdT:Au Japon, le costume formel traditionnel consiste en le hakama et la veste haori sur laquelle est brodé le kamon, blason familial)

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Environ cinq ou six de ses élèves l’attaquèrent comme un seul homme, avec des sabres de bois et des lances. L’instant suivant, ils avaient tous été envoyés en l’air par dessus sa tête. Tout avait eu lieu en quelques secondes. Aucun d’entre eux n’avait même pu le toucher avec leurs armes. C’est cela qui m’amena à intégrer son dojo un peu plus tard.

Depuis ce jour, j’ai assisté à de nombreuses démonstrations effectuées par lui, en plus de la pratique dans son dojo. Il y a cependant plusieurs aspects de son aikido qui se situent totalement au-delà de ma compréhension. Je pensais avoir compris mais non, cela suggère que l’aikido de Ueshiba sensei change en permanence.

Plus j’observe cet art, et plus cela semble sans fin. Je ne pourrais jamais le saisir dans toute sa complexité. Lorsque j’ai pénétré dans son dojo, c’est lui-même qui m’enseigna la première fois. Il m’enseigna en seiza, et me dit, « Si vous maîtrisez cette unique technique, c’est suffisant ». La première technique qu’il m’apprit consistait à frapper shomen uchi avec le sabre de main (tegatana ou shuto, 手刀), en position assise. C’est encore la même de nos jours.

Je frappa de toutes mes forces, et sensei reçut mon attaque avec douceur, me disant que si je frappais trop fort, je briserai ma main. Je me suis toujours souvenu de cet incident lorsque je pratiquais. Cela montre combien il est difficile d’exécuter une technique individuelle, par exemple, men uchi, de la manière idéale, fidèle aux principes de base. J’ai passé de nombreuses années à pratiquer l’aikido mais je doute d’approcher d’un men uchi « parfait » même si je m’entraîne pour le restant de ma vie.

Je crois qu’afin de véritablement maîtriser de telles difficiles techniques, il est nécessaire d’entrer dans le royaume divin à la fois spirituellement et physiquement.

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Récemment, apparaissait sur le net, un manuel technique réalisé par Sunadomari Kanemoto, fleurant bon l’aikido d’avant-guerre, « Aikido densho ». C’est encore un témoignage d’une période de l’aikido qui m’intéresse particulièrement et que je ne trouve pas tellement éloigné de la pratique dont j’ai reçu l’enseignement à notre époque contemporaine.

L’ouvrage présente un certain nombre de techniques qui constituent l’aikido, en passant par suwari waza, hanmi handachi waza, tachi waza, taninzu gake, etc. sur près de 90 pages.

Je n’ai malheureusement actuellement pas de temps à consacrer à une traduction complète de ce manuel, je me contenterai donc d’évoquer ici un ensemble de cinq mouvements que Sunadomari regroupe sous le terme bien connu de la plupart des aikidoka, eet ce quelque soit leur style, Tai no henka 体の変化.

Ueshiba sensei accordait une place importante, en tant que Tanren,

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à l’exercice Tai no henka (parfois également Tai no henko). La forme d’avant-guerre de Tai no henka apparaît d’ailleurs dans l’ ouvrage Budo de Ueshiba Morihei.

 

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Couverture d’une édition originale de Budo

A cette forme de travail, Sunadomari sensei introduit quatre autres mouvements qu’il range dans la même catégorie. Tai no henka, que l’on traduit par changement du corps, variation du corps, est un tanren (ou des tanren en l’occurence) visant à, selon les paroles de Saito Hitohira sensei, « à la construction des hanches, du Sabaki (捌き) ou bien à établir la ligne centrale (中心線), l’équilibre« .

Bref, par le biais des Tai no henka, on développe la stabilité, la mobilité et également la gestion de l’attaque. Il est donc à mon avis intéressant de regarder de plus près les différentes formes que propose Sunadomari sensei.

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Le tout premier exercice est très proche de la version pratiquée de nos jours et similaire au Tai no henka du livre Budo.

Tai no henka 1

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Ukete: Identique au mouvement précédent (c-à-d: Saisir le poignet droit du partenaire avec la main gauche)

Shite: Mettre de la force dans l’extrémité de la main droite, et en effectuant un demi-cercle en avant-gauche orienter la paume vers le haut. La jambe droite servant d’axe, effectuer une grande rotation en arrière sur la gauche.

C’est cette forme de Tai no henka que démontre O sensei dans son ouvrage « Budo ». Il s’agissait et il s’agit toujours d’un exercice très important dans l’apprentissage des formes ura.

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Par la suite, Ueshiba sensei avec l’évolution de sa pratique, modifia cette forme de travail afin de donner le jour à la position actuelle telle qu’elle est pratiqué à Iwama par exemple.

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Les autres formes de Tai no henka présentées par Sunadomari sensei illustrent bien la grande diversité des possibilités de « transformation » (henka) à partir d’une même situation de départ

Tai no henka 2

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Ukete: Comme auparavant.

Shite: Dès que l’on est saisi, faire un pas derrière le partenaire en avançant la jambe droite. Couper le cou du partenaire avec la main gauche tout en étendant la main droite.

(Si le partenaire retire sa jambe, on tire sa manche droite à l’aide de la main gauche en faisant un pas du pied gauche)

Là où précedement, on laissait passer le partenaire grâce à un pivot, ce deuxième mouvement illustre le principe d’entrée au sein de l’attaque.

Tai no henka 3

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Ukete: Comme auparavant.

Shite: Frappez le visage du partenaire de la main gauche. Avec cette main, prenez la main gauche du partenaire et en même temps reculez la jambe gauche. Faire tomber en immobilisant le coude avec la main droite.

Ce troisième mouvement découle directement du premier, tout en étant déjà un peu plus complexe sur le plan technique, une clé de bras apparaissant. Mais le moteur du mouvement est clairement le pivot.

Tai no henka 4

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Ukete: Saisir le poignet droit du partenaire avec la main gauche et frapper le visage avec la main droite.

Shite: Frappez le visage avec la main gauche, piquez vivement de la main droite. Marchez sur le pied gauche du partenaire en avançant le pied droit, poussez les hanches avec la jambe droite et immobilisez le cou de la main gauche.

Là encore un mouvement techniquement plus construit qui repose sur la construction du Tai no henka 1.

Tai no henka 5

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Ukete: Saisir le poignet droit du partenaire avec la main gauche.

Shite: Avancez sur le partenaire de la jambe gauche, tournez vers l’arrière du cou du partenaire, levez la main droite à partir de l’intérieur.

Avancez vers l’arrière la jambe droite. En tournant depuis l’avant du cou la main gauche, avancez plus profondément la jambe gauche en tirant l’arrière du col avec la main droite.

On a ici une technique développée sur la base du principe d’entrée tel que préparé dans le Tai no henka 2. Il est intéressant de noter que dès une époque assez jeune de la construction de l’aikido, l’apprentissage des principes Irimi et Tenkan jouait un rôle primordial. Ce qui n’a rien d’étonnant.

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Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l’aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l’enseignement jusqu’au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S’installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l’aikido au Tendokan...
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