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Mon crédo actuel est que même dans un système martial qui à priori semble éloigné de vos attentes et de vos recherches, il existe toujours des éléments intéressants à prendre. Pour prendre l’exemple de ma pratique de l’Aikido, si la pratique Iwama ryu est une source inépuisable d’éléments-clés dans la construction et la cohérence des techniques, ma volonté d’approfondir le sens et la direction qu’avait donné Tamura sensei à la pratique peut difficilement se développer dans ce cadre pédagogique. J’étais bien conscient avant même de m’installer au Japon, que l’Aikido de Tamura sensei lui était propre, et que j’avais peu de chance de retrouver quelque chose identique dans le pays d’origine de l’Aikido.

Si on rajoute à cela, le fait que mon emploi du temps actuel me laisse peu d’opportunité de fixer à l’avance mes horaires de pratique, j’ai essayé de trouver un nouvel équilibre pour avancer sur la voie que je me suis fixé. C’est ainsi que depuis l’été dernier, profitant d’une période de congé, j’ai recommencé à fréquenter le Honbu dojo de l’Aikikai. Les formes d’Aikido proposées ne correspondent certes pas à mes attentes, mais cet immence dojo présentent cependant plusieurs atouts: un grand nombre de créneaux horaires, ce qui me permet parfois d’opter pour un entraînement juste une heure auparavant, profitant d’une opportunité, un brassage important de partenaires, locaux ou gens de passage fréquentent toujours en masse ce centre mondial de l’Aikido, et enfin une très grande liberté laissé dans la réalisation des techniques, ce qui me permet souvent d’affiné mes recherches. On pourra cependant considéré que ce dernier élément est autant un défaut qu’une qualité, mais il existe, et j’en profite.

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Même si bon nombre d’instructeurs du Honbu dojo ne me, je l’ai déjà dit, conviennent pas, il en existe un cependant que j’apprécie véritablement. Il s’agit d’Osawa sensei.

Au cours des années, j’ai eu l’occasion de suivre l’enseignement, lors de leur venue en France, pas mal d’instructeurs japonais, certains à l’initiative de la FFAAA comme Endo sensei, d’autres suite à l’invitation de Tamura sensei et de la FFAB: Minamoto sensei, Kuribayashi sensei, Ichihashi sensei, Iwagaki sensei, etc, mais aucun n’avait un Aikido me motivant autant que celui d’Osawa Hayato.

Lors de sa venue en 2000, au stage international de Lesneven, j’avais eu la chance de lui servir de partenaire à plusieurs reprises, ce qui m’avait permis de profiter pleinement de son enseignement.

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Osawa Hayato, outre le fait d’être le fils d’une des figures importantes de l’Aikikai d’après-guerre, Osawa Kisaburo (entré au Kobukan dojo en 1939 et ayant occupé le poste de directeur du Honbu dojo jusqu’en 1986), me semble être l’un des enseignants japonais les plus appréciés. Je retrouve dans son Aikido des formes courtes et incisives, à la limite d’être touché, et c’est ce vers quoi la technique devrait tendre. Son explosivité et son adaptabilité permanente à l’action de son partenaire sont également pour moi des atouts.

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 Osawa Kisaburo

Cerise sur le gateau, je retrouve dans son enseignement bon nombre de points techniques fondamentaux, ainsi que l’exécution systématique de Tai no Henka (Tai no Henko) et de Morote dori kokyu nage en début de cours, deux fondamentaux de la pratique, auxquels O sensei, et par la suite Saito sensei accordait une extrême importance.

On trouve sur le Net, bien entendu, un certain nombre de vidéos représentatives de la pratique d’Osawa sensei, mais c’est sans doute la démonstration ci-dessous que j’apprécie le plus.

Osawa sensei avait alors été délégué par l’Aikikai Honbu dojo pour démontrer l’Aikido à l’occasion d’une grande démonstration annuelle du Daito ryu (Daito ryu enbu taikai) du groupe de Kondo Katsuyuki. On peut noté que l’un des partenaires d’Osawa sensei est Irie sensei, l’un des instructeurs titulaires actuels du Honbu dojo qui enseigne également au Gessoji dojo de Tada sensei. L’autre partenaire est Fujimaki sensei, également enseignant au Honbu dojo.

Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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