En juin 2008, le magazine japonais Hiden publiait un article dédié à certains des exercices de renforcement de Sagawa sensei. Je vous propose aujourd’hui la traduction d’une partie de l’article.

 

Les tanren – Pierre angulaire des efforts qui sont à l’origine d’un génie

Il n’y a pas de doute que l’accumulation d’exercices de renforcement (tanren) par Sagawa sohan afin de dépasser le niveau d’une personne ordinaire lui a valu un sentiment de respect parmi de nombreux pratiquants d’arts martiaux, et pas seulement les « experts de l’aiki ».

11 janvier 1974

Paroles du maître

Tanren

Takeda sensei faisait souvent des tanren pour renforcer la poigne. Actuellement, je fais vingt types de tanren. J’accumule le tanren de l’aiki. C’est comme si finalement j’avais débuté après la guerre. J’en fais environ 14 sortes par jour. Je le fais en plusieurs fois. En janvier, je l’ai fait six jours jusqu’à aujourd’hui. Je le note dans un journal.

Je ne suis pas un génie. Par la recherche et par le tanren, on y arrive en faisant des efforts. Un génie c’est quelqu’un comme Takeda sensei. J’ai lu différents sortes d’ouvrages, concernant la boxe, le judo, le kendo, ceux des auteurs de budo et j’ai étudié, j’ai expérimenté les méthodes de tanren pour trouver comment construire le corps et découvrir n’importe lequel des points importants.

Paroles du maître

Si la surface de la main est dure, on ne peut pas coller à la main adverse, donc même si je fais les tanren, je m’efforce de les rendre souple.

Paroles du maître

Pour ce qui concerne mes mains, les doigts sont un peu gros, mais c’est surtout les poignets qui sont larges. Quand j’étais jeune, c’était à cause de la graisse, mais maintenant c’est grâce au tanren. Takeda sensei chancelait sur ses jambes, mais quand il enseignait des techniques, il avait clairement le contrôle.

Il est très largement connu maintenant que Sagawa Yukiyoshi sensei a poursuivit la pratique des tanren tout au long de sa vie. Mais le tableau d’ensemble sur sa façon de procéder n’était pas clair. Cependant, après le décès de sensei, on découvrit par hasard deux documents, le « descriptif journalier des mouvements de tanren » et son « journal de l’année 1984 ». Sensei disait souvent, « Takeda sensei était un génie, ce n’est pas mon cas, j’ai acquis l’aiki en faisant des efforts à travers le tanren« .

Il y a bien sur de la modestie dans ses paroles, car c’est à coup sûr un génie qui a créé l’imposant système technique du Sagawa den Daito ryu Aiki bujutsu, une partie de la vérité est que c’est un génie des formes de l’effort, qui a acquis l’aiki par les tanren et a mis au point ce système. En ce qui concerne les tanren pierre angulaire de sensei pour acquérir l’aiki, il n’est pas exagéré de dire que je n’en comprend pas la majorité, comment les faire, pour quelle recherche, comment les poursuivre. C’est pour cela que malheureusement, j’ai omis les détails les concernant dans mon livre « Sagawa Yukiyoshi sensei den Daito ryu aiki no shinjitsu ». Cependant, j’ai commencé à penser que même si je n’en comprend qu’une partie c’est déjà ça et il faut la laisser à la postérité. Les renseignements sur les tanren de sensei, peu importe que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école, peu importe la discipline, cela peut être très utile aux générations futures qui ont l’intention de pratiquer le bujutsu, j’ai donc pensé, même si je n’ai pas beaucoup de talent, à laisser ici ce que j’ai compris.

A la question: « Comment faire les tanren ? », voici ce qu’il répond:

Paroles du maître:

« Ça, on ne me l’a pas enseigné. Depuis que je suis jeune, en faisant toutes sortes de choses, j’ai découvert la méthode de tanren. Il faut trouver par soi-même.« 

Tanren du début – Epoque de la trentaine

Il existe le « descriptif journalier des mouvements de tanren », qui je pense a été rédigé quand il avait dans la trentaine, et que nous avons découvert en rangeant les densho (rouleaux de transmission) qu’il nous a laissé. Au début, il y a cinq types de mouvements avec port de charge, on commence avec les haltères, puis le marteau, etc.

Ensuite, quatre types de mouvements aiki comme agete (levée les mains), etc. Cinq types de mouvements des muscles des épaules, des bras. Huit types de renforcement des poings, en frappant à l’aide des deux points, etc. Finalement, on trouve dans huit catégories, les mouvements avec les geta (chaussures japonaises normalement en bois) en fer, Shiko, les frappes et les balayages avec le tetsubo (bâton en fer), etc. On a ainsi au total 31 types de mouvements pour concentrer la force dans le seika tanden et le plexus solaire.

Ce document se conclue par ces mots d’auto-encouragement, dont on comprend l’intérêt, « On doit arriver au niveau d’un expert en plusieurs années, en faisant en parallèle les tanren d’aikijutsu« 

Tanren des dernières années

Dans le début du journal daté du 1er janvier 1984, quand il avait 82 ans, sensei y consigne 21 types de mouvements ainsi que le nombre de fois qu’ils ont été effectué:

« Sur la terrasse du jardin, […] , baigné des rayons du soleil, [j’ai fait]

  • Choku tsuki (coup de poing direct) 2500 à droite, 3500 à gauche. […].
  • « Regarder en arrière » 700. « Quatre directions » (shiho) 3000.
  • Pompes sur les doigts 300.
  • Rotation des genoux 300.
  • Rotation des chevilles 1500.
  • Aiki 3000.
  • Hakkaku furibo (sorte de suburito, lourd sabre de bois, dont la partie la plus épaisse est octogonale)1000. […].
  • Petit marteau 600 à droite, 600 à gauche.
  • Bâton de fer 600 à droite, 600 à gauche.
  • Pompes 1000.
  • Ouverture-fermeture des bras 600.
  • Frappes alternées hanches-épaules. […].
  • Age ashi (levée de jambes) 300.
  • Shiko 1200. […].
  • Sabre (katana) 1000.
  • Frappes 200.
  • Grand sabre de bois 1000.
  • Henko 2000. »

Certains types de tanren sont effectués quelques centaines de fois, mais il accorde plus d’importance à d’autres exercices comme Choku tsuki, Aiki, furibo octogonal, pompes, shiko, grand sabre de bois, henko, qui comme de juste sont exécutés des milliers de fois. Parmi ces tanren, on trouve « aiki »; j’ai entendu sensei dire de son vivant, « Il existe des tanren individuels Aiki ». Malheureusement, il existe des incertitudes sur les détails.

J’ai demandé à l’occasion à sensei comment et combien de fois faire les tanren en consultant le passage correspondant du journal.

3 octobre 1989

Paroles du maître

J’ai commencé à noter le nombre de fois que j’exécutais les mouvements en 1960. Il y a 10 ans, je faisais des exercices d’utilisation du corps des milliers de fois.

J’ai entendu ce qui suit le 3 mars de la même année.

3 mars 1989

Paroles du maître

Aujourd’hui j’ai fait 1000 fois shiko et 300 pompes. Je l’ai fait en deux fois, et j’ai fait cinq sortes d’exercices de jambes. J’ai fait 300 fois l’exercice avec le furibo. Autrefois, je me servais de deux grands marteaux de 3,75 kg chacun, mais j’utilise des plus petits maintenant.

Le 18 mai 1990, sensei a été hospitalisé durant un mois suite à un infarctus du myocarde et lors de son retour chez lui, je fus étonné de constater que ses techniques aiki n’avaient pas changées.

L’année suivante, j’ai entendu qu’il avait repris ses tanren.

5 octobre 1991

J’ai repris les tanren. Par précaution, j’ai fait 500 fois shiko et 300 fois ashi age.

13 mars 1992

Je renforce mes mains depuis 60 ans. Actuellement, je me concentre sur le travail des jambes à l’aide de 15~16 types d’exercices.

6 mars 1993

Actuellement, je fais 20 sortes d’exercices mais j’ai diminué un peu le nombre de répétition. Je n’utilise plus les marteaux, le bâton de fer (tetsubo) de 7,5 kg, etc. Seulement des exercices d’utilisation du corps.

Sur le plan martial, le terme tanren se réfère au fait d’exercer le corps afin de le rendre plus apte à la pratique.Il constitue à mon avis, le véritable fondement de la pratique, avant même l’étude de la technique. On pourrait même considérer que la technique est une forme de tanren. Parmi les experts martiaux, la notion de tanren est souvent associé à Yukiyoshi Sagawa. Ce maître du Daito ryu pratiqua, développa, inventa des méthodes de renforcement corporelle dans le but d’améliorer ses capacités martiales, capacités qui s’il faut en croire les nombreux témoignages, était vraiment incroyable. Sagawa sensei continua d’exercer son corps jusqu’à un âge avancé, pour lui la pratique quotidienne du tanren ainsi que la réflexion sur les modifications que cela entrainait dans sa façon d’utiliser son corps, était la clé de ses capacités.

Tanren du Sagawa den daito ryu

La pratique du tanren

Je vais vous présenter ici chacune des choses importantes concernant le tanren. Cela comprend des mouvements en solo ou bien avec un partenaire, des mouvements les mains vides ou bien avec port de charge. Ces tanren ont été divisés en trois parties:

  1. Le tronc (haut du corps, hanches, ventre)

  2. Les membres supérieurs (épaule, bras, coudes, avant-bras, articulations du bras [poignets], doigts)

  3. Les membres inférieurs (cuisses, genoux, bas des jambes, pieds)

  1. Tanren du tronc

  • Les pompes

Sensei considérait les pompes comme un exercice pour développer les bras, mais y mettait aussi de l’importance en tant que renforcement pour développer le tronc. Pour la première fois, le 30 juin 1989, sensei m’a montré sa façon de faire. Il nous a indiqué: « Ne mettez pas de force inutile dans les épaules, et faites les pompes avec vitesse ». Sur ce, j’en ai fait une trentaine en vitesse et je lui ai demandé si c’était bon, sur quoi il a répondu, « Bah ! Quelque chose comme ça ».

Pompes (pompes sur les doigts) – Les pompes sur les doigts servent aussi à renforcer la force de saisie.


10 novembre 1995

Les pompes si on les pratique avec vitesse, cela peut développer l’abdomen. Il y a là le moyen d’unifier le corps comme une planche.

22 septembre 1998

Faites des pompes. Même si vous les faites en utilisant les épaules ou les muscles des bras, lors de l’aiki, faites-le sans mettre de force dans les épaules.

10 mars 1999

Les pompes renforcent les articulations des bras qui sont importantes pour Hiji age kuzushi ou Aiki age. Les pompes sur les doigts, cela sert à développer les doigts. Ce sont deux choses fortement différentes.

  • Tanren des hanches, des muscles du ventre et des hanches

On pouvait entrevoir le résultat du renforcement de sensei à travers son attitude quotidienne, ainsi qu’à travers l’épaisseur de ses pieds et de ses mains. Cependant, les muscles du bas du ventre et des hanches étaient étrangement développés. Quelques années après, accompagnant sensei dans un voyage aux sources chaudes, je fus très surpris de voir cela pour la première fois. Depuis ses hanches, les muscles s’accumulaient, pendant à partir du seika tanden. Comme si un obi (large ceinture) de muscles lui servait de ceinture. Bien sûr, ce obi de muscles résultait de son tanren. Ceci, avec l’aide de ses membres inférieurs soutenait complètement son corps et lui avait permis de comprendre comment produire l’aiki du corps et des mains.

Le tanren des hanches a donc donné naissance à ce obi de muscles. Il existe un tanren des muscles des hanches et du ventre.

Remuer les bras pour (renforcer) les hanches – De 3 à 4, on vient toucher l’arrière des hanches avec le dos de la main.

  • Tanren des hanches en remuant les bras

Les jambes écartées d’à peu près la largeur des épaules, on remue les mains à droite et à gauche, en enroulant les hanches, comme un tambour denden (tambour avec deux cordelettes munies d’une boule, et faisant du bruit quand on le fait tourner de droite à gauche et de gauche à droite. C’est un mouvement quasi-identique au 定歩叩丹田 du Qi Qong chinois.

  • Ashi age (levée de jambes)

Se tenir les pieds joints, debout (position naturelle), les deux mains touchant les hanches, le pouce en contact avec l’avant des hanches, les quatre autres doigts et la paume touchant l’arrière.
A partir de cette position, levez alternativement les jambes à l’horizontal. Etendez bien l’arrière des cuisses et des mollets, les genoux doivent être étirés autant que possible. Conservez le haut du corps bien droit, autant que possible.

Cette exercice de tanren utilise les muscles quadriceps de la cuisse. Quand je le fais une cinquantaine de fois, je me mets à transpirer car c’est un mouvement passablement pénible. Cela aide aussi à renforcer le bas des jambes et les coups de pied. Je mets ici ce que j’ai appris de sensei pour renforcer les muscles des hanches. Une fois, sensei me délivra un coup de talon au niveau du menton, alors que je me tenais devant lui. La hauteur de son coup de pied m’étonna, mais je fus encore plus surpris par le fait que le haut de son corps n’avait pas été perturbé en avant ou en arrière. C’était exactement le mouvement de cet exercice.

22 décembre 1973

On exécute des coups de pied haut pour renforcer les jambes. On donne un coup de pied haut aussi haut que possible, sans mettre de force et sans déséquilibrer le corps. On peut faire un coup de pied frontal même à partir de la position seiza. Les coups de pied et de poing sont la base qu’il faut connaitre.

Ashi age – Plutôt que de lever haut la jambe, il ne faut pas perturber l’attitude du corps.

Voici ce qu’a dit le 20 janvier 1974, Mr Inaba, un élève qui a vu le coup de pied de sensei, au cours d’une classe pour les enseignants d’un dojo de Goju ryu karate:

« Le coup de pied de sensei, avec son mouvement fouetté, a une capacité que l’on décrit en karate, comme capable d’abattre le corps de l’adversaire.« 

8 avril 1988

Avec ashi age et yoko geri, on renforce les ashi no sabaki. Il faut se renforcer en conservant le corps bien droit.

10 décembre 1989

Renforcement et constipation chronique

Je bois deux verres de lait au réveil car j’ai tendance à la constipation chronique. Comme cela ne va pas, j’effectue quelques fois ashi age et les coups de pied, cela fait bouger les intestins.

  • Méthode préventive contre les douleurs lombaires

Ceci est un étirement que je fais quand j’ai mal aux hanches en sortant du dojo. « Quand vous avez mal aux hanches, faites-ceci » est ce qui m’a été révélé et démontré personnellement par sensei. On se tient debout, les mains touchant les hanches, le pouce en contact avec l’avant des hanches, les quatre autres doigts et la paume touchant l’arrière. On vrille le haut du corps sur la droite, vers l’arrière et le bas, et on regarde la cheville droite. On revient à la position initiale puis on fait le mouvement à gauche.

Je pense que ce tanren que l’on nomme « regarder en arrière » est noté dans le journal de sensei. Quand on regarde vers la droite, on sent la force qui rentre dans les muscles de la hanche droite. Et ainsi de suite, on a la sensation de renforcer peu à peu les muscles des hanches des deux côtés.

Méthode préventive contre les douleurs lombaires (regarder en arrière)

Il existe des notes de Sagawa sohan, où, je pense, il explique cette méthode préventive contre les douleurs lombaires.

Actuellement je vais sur mes 60 ans, et comme je ressens un affaiblissement des muscles et des vertèbres lombaires, je ne manque pas de faire plusieurs types de mouvements de hanches, selon entre autres cette méthode.

  • Etirements des hanches enseignés par sensei

Sensei enseignait lui-même en même temps que l’exercice précédent, cette méthode qui consiste à étirer les muscles du dos et des hanches. Allongé sur le dos, on prend ses genoux à deux mains, et on tire les deux cuisses sur la poitrine et le haut du ventre. A l’époque où il me l’a enseigné, je n’y connaissais pas grand chose au stretching, mais en regardant en arrière maintenant, je m’émerveille du fait que cela concorde avec les théories modernes sur ce sujet.

3 octobre 1989

Prévention des douleurs lombaires

Récemment je n’ai plus mal aux lombaires. C’est parce que je pratique une méthode pour allonger les nerfs des hanches. Je l’ai appris à Sapporo de ma grand-mère qui était experte sur ce sujet. Ces dernières années je me suis mis à boire du lait. Je ne prends pas tellement de calcium. Personnellement j’ai construis mon ossature par le mouvement et les bains de soleil.

Forme d’étirement des hanches de Sagawa. Extrêmement facile, cette prévention des douleurs lombaires a été directement transmis par Sagawa sohan.

10 décembre 1989

Méthode pour allonger les nerfs du dos et des hanches

J’ai réfléchi sur le fait d’allonger les nerfs. En restant debout et en levant une jambe, je fais faire divers mouvements d’étirement.

  • Shiko (Comparaison avec le shiko du sumo)

Tanren où on foule le sol des deux pieds.

C’est efficace pour construire les hanches. Ce tanren auquel sensei attachait beaucoup d’importance , est devenu largement connu même en dehors de notre école, désormais.

29 novembre 1988

On fait le tanren du shiko du sumo pour construire les hanches, mais comme cela ne fonctionnait pas, je l’ai amélioré.

18 février 1990

Shiko, ça tombe depuis le bout des orteils. En faisant tomber depuis les talons, on prend une mauvaise habitude.

Ici, Mr Sakuma démontre plutôt la forme de shiko qui lui a été transmis directement par Sagawa sohan. Sans déséquilibrer son attitude (shisei), on fait tomber le corps de façon à fouler du pied le sol et il n’y a pas d’étirement du genou.

A propos du tanren de shiko, j’ai demandé étant jeune, « Est-ce que cette façon de faire est bonne ? » en essayant de faire le shiko que j’avais appris au sumo du sport universitaire. Jeune, mon corps était souple, et en faisant shiko, je levais haut les jambes pour les renforcer. Cependant, je n’eu pas de réponse claire de la part de sensei, je sais seulement que son shiko était différent. Ainsi je n’ai pas compris.

 

J’ai appris que mon kohai, Mr Sakuma (Kinji) a apprit shiko de sensei. Il le démontre sur les photos publiées ici. Comme cela est totalement différent du shiko que je fais, j’ai été surpris.

Shiko: Dans le shiko du sumo, on accorde aussi de l’importance à la sensation d’équilibre lorsque qu’on lève la jambe haut, mais dans la forme Sagawa, on semble attacher de l’importance au fait de poser le pied jusqu’au bout.

Exercice de hanches (Mouvement avec partenaire) Gyakute nage mune dori yokomen uchi

L’adversaire fait mune dori de la main gauche, et attaque yokomen uchi de la droite. On fait uchi otoshi avec la main gauche, on saisit le poignet avec la main droite, puis on avance la jambe gauche devant l’adversaire, on saisit du bras gauche les hanches adverses, on place la hanche gauche et on exécute koshi nage (1~4). A ce moment-là, on renforce les jambes et les hanches, en pliant et en tendant les deux jambes. Mr Sakuma fait souvent ce tanren qui provient de l’enseignement de sensei, parmi les méthodes de tanren qui furent enseignées, ce tanren était aimé par sensei car il obtenait un bon résultat. Kimura Tatsuo shihan, qui a construit ses hanches avec le tanren de shiko, était admiré par sensei pour sa force de résistance.

  • Exercice de hanches (Mouvement avec partenaire)

15 mai 1973

AIKI

En Daito ryu, le tanren des hanches et des jambes ne suffit pas, Gyakute a une grande importance. Il faut faire Gyakute nage, les exercices de hanches, ceux de jambes pour compléter cela.

On renforce les hanches en utilisant la technique de koshi nage avec un partenaire. On s’entraîne à cet exercice de hanches, avec la technique Koshi nage, pour le tanren et pour l’utilisation des hanches. Normalement cela précède le Gyakute dori du niveau Ichigen. Cela apparait comme une technique de deuxième classe dans le « 10ème article des exercices de hanches » du « manuel de self-défense Aiki du Daito ryu » (Daitou ryuu aiki goshinjutsu kyouhon), de 1952.

Cependant, à l’époque où je suis devenu élève, cela avait été presque supprimé, c’est resté de peu parmi les Gyakute nage du niveau Ichigen, sous le nom de « Gyakute nage mune dori yokomen uchi ». Lorsque nous étions jeune, il nous a été enseigné ceci par sensei: « Pour le tanren des jambes et des hanches, faites 20-30 flexions-extensions en ayant placé le côté de notre hanche sous l’adversaire. »


10 décembre 1989

Méthode d’acquisition de la technique

Regarder, subir, s’emparer et apprendre

2. Tanren des membres supérieurs

Le tanren des membres supérieurs peut comprendre les pompes, ainsi que les flexions sur les doigts. De plus, cela peut aussi englober la pratique de diverses frappes avec le coude selon la troisième section de l’Aiki kihon tairen (pratique corporelle aiki de base), mais on peut aussi espérer réussir à assouplir les articulations des épaules si on est habile. Pour ce qui concerne les frappes, il y a aussi les tsuki, les frappes avec le tegatana, les coups de pieds. Sensei ne faisait pas seulement des tsuki dans le vide, il se servait aussi d’un sac de sable pour le tanren. A l’époque où j’ai débuté, il y avait un sac de sable accroché sur le bas d’un pilier près de l’entrée du dojo.

Dans l’Aiki kihon tairen, il y a une méthode de tanren avec chudan choku tsuki et chudan gyaku tsuki.


24 novembre 1989

On exécute le tanren en frappant avec la force concentrée dans l’avant-bras.

18 novembre 1973

Les trois degrés du tsuki


En ce qui concerne le tsuki, on pratique le tanren selon:

  1. piquer avec les hanches

  2. piquer avec l’épaule

  3. piquer avec le poignet et le poing

  • Aiki age

17 décembre 1973

Aiki age

Combien même on saisissait les poignets de Takeda sensei avec force, il arrivait à les lever. Par curiosité, j’ai commence à étudier. Quand j’avais une dizaine d’années, avec mon père, nous avons pratiqué Aiki age jusqu’à ce que nos avant-bras deviennent douloureux, et ainsi j’ai compris l’aiki.
C’est possible qu’il y ait une autre méthode, mais c’est ainsi que je me suis entrainé. Je pratiquais même si la force ne sortait pas et que mes bras devenaient douloureux. Si on agit ainsi, on comprend comment et où il faut faire entrer la force. Par la pratique d’Aiki age, on devient capable de concentrer la force dans les poignets, cependant, je suis devenu capable de le faire partout dans le corps.

14 avril 1974

Aiki age

Aiki age consiste à faire l’aiki a travers les poignets.

30 octobre 1989

Aiki age

Comme on retire la force de l’adversaire avec le mouvement des poignets, il n’y a absolument pas de charge dans les hanches. Avec Aiki age, par le fait de concentrer la force dans les poignets, on fortifie les articulations des bras. Aiki age est un entrainement où on apprend à déséquilibrer le centre de gravité du partenaire et à sortir la force en conformité avec l’aiki. C’est aussi en outre un exercice pour les hanches et pour le ventre, nécessaire dans le bujutsu.

En plus d’être un exercice pour fortifier les mains, cela forme à la capacité à deviner au moyen de la peau l’attaque du partenaire qui vient de nous saisir. En étant restreint par la saisie adverse, cela sert aussi au tanren de la force des poignets. Face à la force adverse qui me retient, j’exerce la force qui lève.

⇐ Ryotekubi dori aiki age zadori: Assis en seiza, on fait face à l’adversaire. Ce dernier immobilise nos poignets en les saisissant par dessus. Après l’avoir laissé complètement nous saisir, on lève les deux mains à hauteur du visage, en spirale tout en dessinant un arc de cercle en avant et vers le haut. On crée un déséquilibre en élevant le centre de gravité du partenaire. Si on ne fait pas un peu attention en pratiquant Aiki age, ce n’est pas efficace.
  • En étirant les muscles du dos, on ne tombe ni en arrière ni en avant, en maintenant droit le buste.

  • Ne mettez pas de force dans les bras, dans les épaules. Autrement dit, on le fait simplement en retirant les tensions inutiles dans les muscles du corps.

  • On reste en seiza jusqu’au bout, sans se relever sur les orteils.

  • On ne déséquilibre pas notre centre de gravité. Sans se relever, sans bouger, on garde les hanches posées sur les deux pieds.

  • Quand on débute, même si on s’entraine avec persévérance en mettant une force impossible, cela ne produit pas de résultat. Au contraire, si on ne met pas du tout de force, en posant les mains légèrement, on peut lâcher la main, ou bien si on se fait réagir nerveusement avec une force minuscule, ce n’est pas un entraînement, cela ne doit pas devenir un jeu entre amis.

  • Idéalement, on déséquilibre le partenaire en un instant. Il ne faut pas le faire lentement, mais le faire rapidement juste pour accumuler un certain nombre de fois de pratique, ce n’est pas utile pour le débutant.

  • Tout particulièrement, dans le cas des anciens, il faut faire attention à ce qui précède lorsqu’on enseigne aux débutants. On utilise l’intensité appropriée pour immobiliser afin de développer la force et les capacités du partenaire.

  • Si on empêche le débutant de lever les mains en résistant simplement avec la force, ou bien au contraire, si on enlève la force qui l’immobilise afin qu’il puisse le faire facilement, cela ne lui apprend rien.

  • Il est très important d’amener à faire comprendre comment déséquilibrer en faisant flotter, en faisant se lever les hanches, et si c’est juste comment lever les mains du partenaire.

⇐ Ryotekubi dori aiki age tachidori:On se tient debout, en faisant face à l’adversaire. Ce dernier avance le pied droit et immobilise les deux poignets en les saisissant par dessus. On sort le pied droit, après s’être laissé complètement saisir, on lève les deux mains à hauteur du visage, en spirale tout en dessinant un arc de cercle en avant et vers le haut. On crée un déséquilibre en élevant le centre de gravité du partenaire.
Sensei disait souvent, « A l’intérieur d’Aiki age se trouve le secret de l’aiki ». Aiki age fait partie de la pratique du débutant mais c’est le premier obstacle pour atteindre le secret de l’aiki. Il est nécessaire de choisir la méthode d’entraînement correcte. Au honbu dojo, on ne pratique pas tellement Aiki age debout, mais il existe un principe du Daito ryu qui consiste à faire tout d’abord Aiki age lorsque l’on a été saisi Ryote dori par l’adversaire. Sous la conduite des anciens, on apprend de nombreuses techniques si on est saisi à deux mains, mais même à ce moment, on fait certainement Aiki age. On peut considérer cela comme la base de l’Aikijujutsu en position debout. C’est identique à la manière de faire en zadori.

Furibo (sorte de suburito)

⇦ Takahashi shihan dit que la méthode pour manier le furibo lors des suburi lui a été enseigné, et Taguchi shihan présente ici la méthode accompagnée des taisabaki qu’il a apprit. On alterne jambe gauche, jambe droite, ce maniement semblable à celui d’une arme est caractéristique de la transmission Sagawa.

Furibo préféré de Sagawa sohan


Le renforcement de la charge en utilisant les armes

24 août 1973

Quand on frappe avec le bâton, le sabre, etc., la force doit pénétrer uniquement à la fin, instantanément. Si on ne serre pas les doigts, la technique n’a pas lieu. On renforce les mains en agissant ainsi.

  • Furibo

Il existe un exercice de renforcement à l’aide du furibo auquel sensei attachait beaucoup d’importance. A partir du moment où je suis rentré dans l’école, c’était 1000 fois par jour. J’ai entendu dire qu’il le faisait 365 000 fois par an. Le furibo apporte en plus la formation essentielle à la coupe du kenjutsu, la consolidation de la prise du sabre. On peut dire que cela est lié au renforcement de la force de concentration de l’aiki.

13 août 1989

On doit construire le corps et utiliser le furibo. Le furibo ne sert pas uniquement au renforcement des mains, je crois que l’on peut considérer que cela permets de renforcer la partie principale du corps, le corps tout entier. En ce qui me concerne, je le balance de manière directe, mais jamais mille fois. Il existe aussi une méthode avec des mouvements circulaires que j’ai testé. Cela m’a pris une petite heure pour balancer le furibo mille fois. Je me suis mis à transpirer abondamment. Mais le pire est que j’avais des ampoules sur les paumes, je ne pouvais plus exercer mon métier d’acupuncteur. C’est pourquoi à ma grande honte, j’ai abandonné.

Taguchi shihan a observé sensei en action avec sa méthode de tanren au furibo. Il le maniait en le balançant fluidement de gauche à droite et de droite à gauche. Pendant une période, sensei souffrait des hanches, mais même ainsi, il disait, « Même assis, on peut le faire » et il poursuivait le tanren. A ce moment-là, je ne le savais pas mais ceci est une méthode très dangereuse pour les hanches. Mais ce renforcement, a aggravé son lumbago, je pense que c’est cela qui finalement tordu ses hanches.

26 décembre 1973

La prise du sabre est nécessaire quand on fait Gyakute dori. Pour renforcer cette prise, on peut aussi faire des suburi avec le sabre de bois. Cependant, la façon de faire du kendo est mauvaise.

  • Suburi du kenjutsu et entraînement mutuel avec la force rassemblée des pointes de sabre

Il faut suivre les cours du niveau nigen pour apprendre le kenjutsu. Avec la méthode de prise en main du sabre, on avance alternativement les pieds droit et gauche, à partir de la position chudan. Cela enseigne une méthode de coupe particulière. Je pense que les suburi de sabre permettent cela.

On peut aussi le faire avec un partenaire. A partir de chudan, on sort alternativement les pieds gauche et droit, et on frappe le haut du partenaire. Quand j’ai appris le Kogen itto ryu, on faisait cet exercice sans faute dès le début. Avec cette méthode, on se frappe mutuellement et on s’entraîne à la manière de faire entrer la force dans les poignets au moment de la coupe ou de l’estoc. Cela met en place le premier exercice de base qui vise à développer la puissance de frappe.

Après le décès de sensei, en faisant du classement parmi les densho qu’il nous avait laissé, j’ai appris que cela se nommait « Tosen shuryoku sogo renshu »(entraînement mutuel avec la force rassemblée des pointes de sabre).

Au niveau gogen-rokugen, on pratique le bojutsu. Le fait de manipuler un lourd bâton permet de consolider la prise du sabre et de renforcer la force de concentration de l’aiki. Actuellement je me consacre au cœur de la pratique du bojutsu du niveau gogen. Il s’agit du Bosen shuryoku sogo renshu, que l’on exécute avec un partenaire en imitant le Tosen shuryoku sogo renshu.

10 juin 1994

Moi aussi je n’avais pas le corps pour pratiquer la lance. J’ai poursuivi le renforcement du type musculation et mon corps avait la forme d’un triangle renversé. Mais avec la force qui rentre dans les bras, l’efficacité de l’aiki diminue. Si on affaiblit les hanches et les jambes, l’aiki ne sort pas. C’est pourquoi j’ai renforcé mon corps en changeant de méthode.

Comme la lance est une arme lourde, le sojutsu, plus encore que le sabre et le bâton, est efficace pour renforcer les mains. J’ai pensé à adopter cette pratique dès le début mais cependant, on enseigne l’aiki sojutsu au niveau kugen. On a choisi le rokushakubo afin d’en faire la base du sojutsu. Un bâton de 6 shaku (180cm) de long s’avère assez difficile à manier librement pour un débutant. Mais si on apprend la technique de base, en prolongeant (l’arme) de 1shaku et 5 sun (45cm), on passe au sojutsu avec une longueur totale de 7 shaku 5 sun (235cm). Il s’agit du même maniement et des mêmes postures (kamae), il n’y a pas de difficulté, ce qui est avantageux.

De plus, si on possède la technique de base du rokushakubo, il n’y a pas non plus de difficulté pour manier le goshakubo (150cm) et le jo de 4 shaku (120cm).

Le maniement de la lance qui consiste en tsukidashi (piquer en faisant jaillir la lance) et en hikishibori (serrer en tirant), ainsi que la pratique avec partenaire constituent aussi un renforcement important, dont malheureusement je ne parlerai pas cette fois.

9 décembre 1994

Le renforcement avec le furibo, le marteau, la lance et le tuyau de fer

On ne balance pas le furibo et on ne fixe pas les mains. Si on fixe la main qui saisit, il y a une réaction. Je balance de manière directe un marteau de 8kg avec une seule main. Je débute par le balancer petit à petit une dizaine de fois. Pour apprendre à frapper en empoignant de gros objets, j’utilise un gros tuyau.

 

Voici la pratique avec partenaire du rokushakubojutsu. On pique en balayant le bâton adverse. Ceci constitue la pratique de base du sojutsu.

Le renforcement des membres supérieurs par le port de charge sert à former la force musculaire que l’on utilise en exécutant les techniques Gyakuhime de base du Daito ryu et la force de résistance quand au contraire on est attaqué avec ces mêmes techniques.

3. Tanren des membres inférieurs

Il existe des exercices de renforcement pour les cuisses, les genoux, le bas des jambes, les pieds. Les coups de pieds sont aussi inclus dans les exercices de base aiki. Pour ce qui concerne les mouvements relatifs, on s’exerce aux taisabaki.

Concernant la pratique avec port de charges, j’ai utilisé des objets spéciaux comme des geta en fer pour donner des coups de pieds, etc. J’ai arrêté car cela abimait le corps. Pour s’exercer aux coups de pieds, sensei se servait aussi d’un sac de frappe.

  • Henko (changement)

1er novembre 1974

En modifiant l’angle à partir de tai no henkou, on annule la force adverse. Il s’agit d’un tanren pour modifier (la situation) en pivotant le corps. Pour ôter la force adverse, le point de déviation est important. Sensei faisait grand cas de cet exercice et disait: « Ceci est caractéristique du taisabaki du Daito ryu« .

Il y a cependant de petites différences selon celui qui enseigne. J’ai appris avec Taguchi Tetsuya shihan à faire ce tanren en posant les deux mains sur les hanches. Wakabayashi Hideharu, mon senpai, cadre de l’ancien dojo, m’a enseigné ce tanren. Cette enseignement contient la méthode pour lever les deux mains avec Aiki age.

J’ai aussi appris ce qui suit le 19 mars 1974:

19 mars 1974

L’enseignement du maître concernant la pratique de henkou.

Tai no henkou

Se tenir debout, jambes écartées d’un peu plus de la largeur des épaules. Genoux un peu fléchis, pointe des pieds au centre, les hanches tombent légèrement, on tourne les chevilles sur la gauche et on oriente la tête vers la gauche. Gardez la même hauteur, sans modifier le niveau des hanches. Orientez bien la tête à droite et à gauche sans trop modifier l’orientation du corps. En ce qui concerne les jambes, au moment où on s’oriente sur la droite, on oriente aussi la jambe droite vers la droite, ainsi que la jambe gauche en ouvrant légèrement le pied sur l’extérieur.

En ce qui concerne les mains, il n’y a pas d’explication spéciale, juste ouvrir en montant en avant et en arrière. Il faut mettre la force dans la pointe des pieds, spécialement la base du gros orteil et du second orteil. Ceci est caractéristique du Taisabaki du Daito ryu.

⇦ Henko: Ce qu’on appelle « karada no henko » proprement dit, c’est l’entraînement pour faire varier l’orientation du corps sur son axe, à partir de la pointe des pieds. Ici est présenté la méthode où on lève les deux mains en avant et en diagonal à la manière d’Aiki age.

Ci-dessus Yajima shihan démontre les méthodes auxquelles il a été initié de manière détaillé par sensei. Il en existe trois différentes. Yajima shihan qui pratique depuis longtemps le tanren de Henko, a bien préservé l’enseignement du maître. En outre, sensei fut plus d’une fois admiratif de son aiki sur katate dori, disant « C’est habile sans mettre de force ! »; ceci résulte du tanren de henko.

Classification des méthodes de déplacement Ashi sabaki du niveau ichigen

J’ai appris les méthodes de ashi sabaki en progressant avec les anciens, mais j’ai entendu dire qu’il y avait un secret. Cependant, on peut aussi penser que les méthodes élémentaires de ashi sabaki du niveau ichigen est ce qu’il y a de plus important.
De plus, dans son ouvrage « Daito ryu aiki goshinjutsu kyohon » (manuel de self-défense aiki du Daito ryu), sensei indique que concernant les méthodes de ashi sabaki, il existe cinq bases de déplacement zenshin (progression en avant), goten (pivot arrière), henten (changement), henko (changement) et ushiro henko (changement arrière). 
Les différentes méthodes de ashi sabaki basiques sont réunies sur un même schéma un peu plus loin. Cependant, comme il est plus facile de faire la comparaison à partir d’une attaque shomen uchi, certaines des techniques apparaissant ne font pas partie du niveau ichigen.

Si on devait donner provisoirement donner un nom aux mouvements, ce serait zenshin (progression en avant) sure chigai (croisement), kotai (recul), ushiro irimi (entrée du corps/dans le corps arrière), yokoshin (progression latérale), henko (changement), mae henko (changement en avant) et ushiro henko (changement en arrière).


1- Ikkajo osae taoshi (progression en avant)

Comme pour l’ensemble des mouvements, on commence debout en position naturel. En même temps que l’on fait le déplacement ushiro irimi en exécutant gyakute nage, si on balaye la jambe droite du partenaire en se servant de notre jambe gauche, cela convient aux exercices de jambes (ashi no shuren) introduit par Sagawa sohan.

Tai sabaki et ashi sabaki qui ont été fait en secret

4 novembre 1973

Ashi no shuren – Koshi no shuren (entrainement des jambes/entrainement des hanches)

Ma technique, du point de vue d’une personne d’un autre Daito ryu, peut être considérée comme une hérésie. Par exemple, si on prend la technique Kubijime du niveau Ichigen, comme c’est quelque chose que j’ai introduit pour le tanren des hanches, on ne la trouve pas dans le Daito ryu originel. Parce qu’il n’y a pas en tant que tanren des hanches.de randori en Daito ryu, le tanren des hanches n’est pas suffisant. J’ai donc introduit cette technique en tant que tanren des hanches.
De plus, j’avais organisé des exercices de hanches et de jambes qui n’existent pas dans les autres Daito ryu, mais à présent, je me sers de Tsuki dori gyakute nage.

Il est nécessaire aussi d’accomplir davantage d’exercices de hanches et de jambes différents, mais vous devez réfléchir par vous-même.

21 décembre 1972

Méthode de déplacement en bojutsu et méthode de marche de sensei

Il y avait un senpai (ancien du dojo) qui avait pratiqué le bojutsu d’une certaine école. Voici ce que dit sensei en observant les ashi sabaki de cette personne. Comme il a pratiqué beaucoup de ces bizarres ashi sabaki de bojutsu, l’écartement de ses jambes est trop large. En écartant trop les jambes, c’est une mauvaise situation car on bloque notre posture en la dispersant.

Le maître, exécutant un mouvement de bojutsu de cette école, confia:

« En faisant ainsi, on ne peut enchainer plusieurs techniques, on devient lent. L’écart entre la jambe avant et celle arrière ne doit pas devenir trop important, ni trop faible, sinon on est dans l’incapacité de se déplacer en un instant.« 

Le déplacement du maitre était ce que l’on nomme Okuri ashi (la jambe qu’on envoie), mais sans restriction de sa jambe droite comme en kendo, sa jambe gauche avançait aussi. Ainsi, je le différencie du pas de kendo, en nommant sa façon de faire, « Tsuranare ashi » (pas qui se suivent).

9 février 1990

Ashi sabaki de Takeda sensei

En ce qui concerne Takeda sensei, son Ashi sabaki était rapide, s’élançant avec légèreté sans aucune difficulté. J’imite ce déplacement.

Gyakute nage (Ushiro irimi)

Ikkajo hiki taoshi (Hiki ashi)

Technique juste de Taisabaki (Progression en avant en Tsuranare ashi)

Déplacement du corps

1 Ikkajo osae taoshi
2 Gyakute nage
3 Ikkajo hiki taoshi
4 Taisabaki juste
5 Kote gaeshi en sortant
6 Kote gaeshi en sortant (henko)
7 Shiho nage (Mae henko)
8 Shiho nage (Ushiro henko)

Maintenant encore, je me rappelle clairement ce que disait sensei, alors que je l’accompagnais quand il enseignait les 27 bases du kenjutsu au cours du niveau Nigen,  » En Daito ryu, on n’enseigne pas les Taisabaki et les Ashisabaki pour garder cela secret ». Il disait la même chose alors qu’il enseignait Kyokidori (saisir l’arme du crime), technique pour faire face aux attaques de couteau et Shiraha dome (stopper la lame nue), technique pour faire face aux attaques de sabre. Alors, comment faire ? On pouvait retenir par l’observation les Taisabaki et les Ashisabaki de sensei. Ainsi on les retenait avec passion.

Kote gaeshi en sortant (progression latérale)

Kote gaeshi en sortant – Henko (Progression en avant)

En 1, on fait le sabaki « Henko ». De là, on fait Kote gaeshi mae henko (projection en avant), on fait Kote gaeshi ushiro henko (projection en arrière).

Shiho nage (Mae henko)

Shiho nage (Ushiro henko)

Qu’est-ce que l’aiki?

Je suis devenu élève de sensei le 5 mai 1972. Ce jour-là, il m’expliqua pour la première fois ce qu’était l’aiki. Une partie des notes prises ce jour est présenté ci-dessous.

5 mai 1972

Première rencontre avec Sagawa sensei. C’est dans le salon que j’ai entendu ce qui suit.

Avec l’aiki on prend à revers la puissance, immanquablement, on déséquilibre le partenaire en le laissant sans force, grâce à la prise d’angle et au maai. Qu’on fasse face à katate dori, ryote dori, kubi jime, ushiro kubi jime, avec l’aiki, on peut priver l’adversaire de sa force.

La partie défensive de l’aiki qui est évoquée dans la phrase, « priver de sa force l’adversaire avec l’aiki », a été assimilé par les élèves, mais on a tendance à oublier la partie offensive. Les paroles qui suivent corrigèrent ce fait.

14 mars 1988

Définition de l’aiki.

En ce qui concerne l’aiki, tous pense que c’est retirer la force adverse, mais ce n’est pas seulement ça. Il existe un aiki offensif et défensif. En défense, l’aiki consiste à retirer sa force à l’adversaire, dans tout son corps. Pour la forme offensive, l’aiki, c’est attaquer l’ensemble du corps adverse.

Voici ci-dessus un bref enseignement sur les aspects défensif et offensif de l’aiki.

Il existe des attaques en utilisant l’aiki, et sensei en a expliqué l’application dans le chapitre « Caractéristiques de l’école Daito ryu aiki bujutsu » du Daito ryu aiki goshinjutsu enkaku kyu nyumon moshikomi sho , un dépliant à l’usage des aspirants-novices, datant de 1945 environ: « Si on frappe une articulation de l’adversaire avec le bras rempli d’aiki, on est capable de la briser. Si on frappe le visage, l’os se brise à coup sur. Ou encore, au moment où on attrape l’adversaire, on le prive de sa force et il ne peut endurer l’engourdissement « .

Sensei parlait souvent de la force de concentration de l’aiki. Voici ses commentaires à ce propos.

22 décembre 1973

On utilise le corps souplement, dans un tel instant, on peut déployer la force de concentration de l’aiki.

Force transparente et entrainement de base à l’aiki (le chemin vers l’aiki offensif et défensif)

Si on parle du Daito ryu, on doit aussi se préoccuper de l’aiki. Quel est le rapport entre l’aiki et les divers tanren provenant de Sagawa sohan ? Existe-t-il des indices vers « la méthode de tanren individuel de l’aiki » qui est une énigme éternelle !?

Aiki kihon tairen

L’Aiki kihon tairen est composé de trois sortes de catégories: la méthode de tanren respiratoire (chosoku), les frappes du type coup de pied, frappe du coude (hiji ate) et coup de poing, et les mouvements du tronc, des membres inférieurs et supérieurs semblables à la gymnastique radiodiffusée.

Le terme « Aiki kihon tairen » qui signifie « entraînement corporel de base de l’aiki », fait allusion à la méthode de tanren individuel de l’aiki selon la transmission secrète de sensei. Ici trois formes (il n’y a pas de nom à l’origine) vont être présentées parmi un total de vingt (il en existait auparavant trente dans le « Daito ryu aiki goshinjutsu »).

Aiki kihon tairen 4

« Frapper des poings en ouvrant à gauche et à droite »

En positon debout, on plie les bras devant la poitrine, le droit en haut, le gauche en bas (1). On serre solidement les poings en concentrant la force et on ouvre les bras horizontalement sur les deux côtés (2). On ramène ensuite les deux bras au niveau de la poitrine, le gauche en haut, le droit en bas, puis on répète le mouvement en ouvrant sur les deux côtés, les bras, la force concentrée dans les poings. (Manuel de self-défense aiki du Daito ryu)

Cette façon de faire du point de vue de la gymnastique peut être considérée comme de simples mouvements des membres supérieurs, mais en vérité, sensei disait que l’on pouvait s’en servir dans un combat réel, ce qui se rattache aux frappes de l’aiki kenpo.

Paroles du maitre

15 février 1974

Quand j’étais jeune, si j’enseignais cela en tant que technique à mes amis de l’école d’anglais, on pouvait renverser deux adversaires en même temps au cours d’une querelle en frappant à gauche et à droite.

Aiki kihon tairen 7

« Chosoku aiki age »

Debout les deux mains ouvertes sur les hanches, on envoie le ki dans le seika tanden en respirant par le nez. On expire par le nez, faisant jaillir le ki en avançant la jambe droite, tout en dessinant un demi-cercle vers le haut et vers l’avant à l’aide des deux mains. On inspire en renvoyant le ki dans le seika tanden et on ramène la jambe droite. On répète ensuite le même mouvement en avançant la jambe gauche.

On introduit « Chosoku ho » (méthode de tanren respiratoire dont la vraie appellation est « chosoku shuki tanden rentan ho ») dans les mouvements de Aiki age en zadori (ndt; zadori, position agenouillée équivalent au suwari waza d’aikido)

Ce qui est présenté ici a été modifié par moi pour en faire une base de respiration naturel car « chosoku ho » (méthode de modification respiratoire) est un peu difficile.

Paroles du maitre

15 janvier 1974

Méthode respiratoire

Dans la méthode respiratoire (kokyu ho),on se renforce en durcissant le corps et en forçant l’inspiration et l’expiration. On va à l’encontre du principe naturel. En ce qui concerne la respiration, le naturel est meilleur.

De la force concentrée de l’aiki à la force transparente

Il vint un moment où sensei, graduellement, n’utilisa plus la « force concentrée de l’aiki », et se mit à se servir à la place de ce que l’on appelle la « force transparente ». J’ai entendu ce terme de « force transparente » pour la première fois le 18 juillet 1986. Ce qui suit sont les paroles datant de cette époque.aroles du maître


18 juillet 1986

Force transparente

(Au moment où l’adversaire lève son coude droit en venant frapper au visage) Avec la force transparente de ma main gauche, je le déséquilibre en montant son coude suffisamment et si j’avance le pied il tombe. Dans le tsuppari du sumo aussi, si la force transparait sans qu’il y ait de puissance dans les épaules, on devient vigoureux. [Ndt: le tsuppari est la succession de frappe paumes ouvertes contre la poitrine et le visage de l’adversaire en sumo]


Paroles du maître

10 août 1986

Le point sur lequel j’ai progressé ces dix dernières années

Autrefois, j’attaquais en laissant passer la main adverse et en l’étirant. C’est une technique où on renverse (l’adversaire) en touchant de la paume le poing adverse qui délivre une attaque directe au visage [jodan choku tsuki]. Actuellement, en laissant passer la main adverse, j’attaque et je projette en utilisant le tegatana [a main formant un sabre]. Je peux le faire car si on ne met pas de force dans les épaules, la puissance sort. (A vrai dire, j’ai enregistré à travers mes notes, la technique qui s’est enfui au cours de ces dix dernières années)

Paroles du maître

10 août 1986

La force transparente

Jusqu’à maintenant je n’avais pas compris mais quand on met de la force dans les épaules, on n’est pas capable de faire l’aiki. Il faut faire jaillir la force qui transparait, la force transparente, en retirant la force des épaules.

Aiki kihon tairen 23

« Mouvement de concentration de la force dans l’arrière des hanches »

Debout, les jambes largement écartées, les mains posées sur les genoux, on fléchit les genoux en maintenant droit le haut du corps, et on répète le mouvement de concentration de la force dans l’arrière des hanches.
Il y a à la fois la façon de poursuivre le mouvement pour concentrer la force, en fléchissant les genoux, et la façon de poser les deux mains sur l’arrière des hanches.
L’objectif de cette méthode est le renforcement (tanren) de l’arrière des hanches mais par le fait de fléchir les genoux, cela sert aussi de renforcement (tanren) des membres inférieurs.

Il ne faut pas pencher le haut du corps et faire ressortir les fesses. Il faut prendre conscience du fait d’étirer l’arrière des hanches de façon à enrouler le coccyx. En me basant sur les circonstances, je réfléchis à ce qui s’est radicalisé pour qu’il y ait une évolution de la « force de concentration de l’aiki » à ce que sensei nomma à la fin de sa vie la « force transparente ».

Autrement dit, l’aiki peut s’exprimer selon un aspect défensif et selon un aspect offensif, et dans son aspect défensif, il existe un « aiki contre les saisies » et un « aiki contre les frappes ». De plus, dans l’aspect offensif, on utilise la « force concentrée de l’aiki » mais cela a été radicalisé au moyen de la force transparente. Ce déploiement est notre lointain objectif.

Paroles du maître

9 décembre 1988

L’aiki, cela évolue progressivement. Au début, je n’étais pas capable (de l’utiliser) habilement. Je n’avais pas de point de repère mais j’y suis parvenu en faisant les tanren. Même si tôt ou tard, on fait de l’aiki, il y a des choses très difficiles à acquérir pour des personnes ordinaires comme nous, mais sensei a dit, « j’y suis parvenu en faisant les tanren « . Je souhaite m’approcher un peu du sommet, en tâtonnant dans les tanren aiki du programme conçu par sensei.

La méthode individuelle de tanren aiki que l’on n’a jamais vu faire

Le 14 mars 1988, il a été fait allusion (par sensei) à une méthode individuelle de tanren aiki secrète.

14 mars 1988

Méthode individuelle de tanren aiki

Il existe une méthode individuelle de tanren aiki. Takeda sensei ne la connaissait pas. Personne ne l’a trouvé. Cette méthode individuelle de tanren aiki ne peut pas être clairement apprise, si je consulte mes notes d’étude, il apparait qu’il y a des choses implicites qui s’opposent à cela. Il y eu en outre une expérience remarquable.

Le 18 mai 1990, sensei s’effondra victime d’un infarctus du myocarde. Par chance, cette nuit-là, se trouvait xxx Kimura (Ndt: frère de Tatsuo Kimura), médecin à l’hôpital Todai, et lui et moi prirent la garde, veillant en observant discrètement sensei depuis l’extérieur de la chambre où il se reposait. Après cela, de nombreux élèves nous aidèrent en veillant à leur tour. Une nuit, sensei montra une forme afin de vérifier une partie de son corps, en disant, « c’est encore mauvais ! » . Cela fut observé je ne sais pas combien de fois par ceux qui étaient de surveillance, moi y compris.

La méthode individuelle de tanren aiki est suggestive. Je ne peux pas la rendre publique mais je présente ci-après une partie des suggestions que nous a légué sensei.

Paroles du maître

30 septembre 1972

Les mains et les bras de l’aiki

Comme je ne m’entraîne pas actuellement, mes bras sont devenus maigres, mais si je fais l’aiki, ils grossissent. Les bras de Mr Taguchi étaient aussi devenus gros. A cause des frottements, il avait perdu ses poils de poignets, et par la suite, ils avaient repoussés plus épais. De plus, ses paumes et la pulpe de ses doigts s’aplatirent. C’était aussi le cas des mains de Takeda sensei. Cela a bien été observé par Tokimune et deux autres personnes.

  • Les doigts du maître étaient gros et ses majeurs un peu long. De plus, la région où se situe le tsubo (point de pression médicale) que l’on nomme « Gokoku », à l’intersection du pouce et de l’index, sur la bosse à la base du pouce, était très épaisse.

Paroles du maître

15 septembre 1990

En aiki, la rapidité et la finesse d’esprit sont nécessaires. Il faut être astucieux. De 19 ans à aujourd’hui, en enseignant, je n’ai jamais vu quelqu’un avec ce talent. Tous, n’ont ni finesse, ni rapidité, ils ne sont pas habiles. Quand j’enseigne, je le fais lentement, je peux le faire plus vite, mais personne ne comprend.

Paroles du maître

15 mai 1973

Tai no aiki (aiki du corps)

Quand j’avais la trentaine et la quarantaine, je ne comprenais pas l’aiki du corps. Passé 50 ans, j’ai finalement compris, mais Takeda sensei projetait son adversaire même si ce dernier lui saisissait le corps en y mettant toutes ses forces. En m’inspirant de ça, je fus capable de renouveler mon tanren.

Importantes techniques de base qui relient Tai sabaki – Aiki – Ate waza

Paroles du maître

19 décembre 1974

Les atemi sont importants mais la base principale de l’aiki est Tai sabaki Ate waza (techniques de percussion et tai sabaki) Précédemment, dans l’interview de ceux liés au Sagawa dojo, il a été dit: « Il existe un entraînement au tai sabaki, on le faisait toujours avant la pratique, il est devenu secret par la suite », il s’agit de l’ensemble des techniques Tai sabaki ate waza, un système dont Sagawa sensei en personne disait, « C’est la base principale de l’aiki ».

Le système des techniques de percussion, devenues secrètes à partir des bases

Paroles du maître

20 décembre 1974

Au moment où on frappe du poing (tsuki), le fait de retirer la main freine, le coup ne pénètre pas et cela est inefficace. Si on frappe du poing, on le fait en avançant. Les pieds ne doivent pas reculer, les poings ne doivent pas être retirés.

Il exécute 2-3 coups de poing avec les pieds qui suivent, en avant. Au moment où on frappe, on met l’épaule. Ordinairement, on ne met pas l’épaule en frappant, mais si on le fait, on obtient une différence d’allonge.

Tai sabaki ate waza est un système dans lequel sont rassemblés des techniques où on met un atemi, en se défendant au moyen de Tai sabaki et de Te sabaki, et en faisant aux diverses attaques adverses. A l’origine on utilisait le terme de « Furihodoki ate waza » (repousser-technique de percussion), qui devint par la suite « Tai sabaki ate waza » (démêler [une situation] avec le corps-technique de percussion).

On a pensé à modifier le nom afin que cela devienne des techniques qui attachent de l’importance au fait de « déséquilibrer l’adversaire » en mettant l’accent sur l’aiki et le taisabaki, plutôt que de se défendre simplement face aux attaques (saisies, etc.) de l’adversaire, comme c’est le cas dans le Furihodoki (une initiation à proprement parlé).

« A l’époque où je suis devenu élève, on utilisait déjà le terme « Taisabaki ate waza ». Il y avait de nombreux exercices inscrit dans le programme d’étude placé dans le dojo, et entre autres les tai sabaki ate waza nommés shomen uchi (frappe à la face), jodan choku tsuki (coup de poing direct haut), yokomen uchi (frappe au côté de la tête), muna dori (saisie au niveau de la poitrine), sode dori (saisie de la manche), katate dori saisie d’une main), ryote dori (saisie des deux mains), uchite dori (saisie de l’intérieur de la main).

Cependant lorsque j’ai débuté, ce fut Taguchi shihan qui m’enseigna les techniques du niveau ichigen et qui m’apprit les Tai sabaki ate waza avant d’introduire les Gyaku kime waza (techniques de contrôle en revers), les Tai sabaki ate waza recouvrant toutes les situations des Gyaku kime waza du niveau ichigen.

Par nature, dans le Daito ryu tel qu’il fut transmit par Yukiyoshi Sagawa sensei, il existait un système en cinq niveaux pour apprendre les Tai sabaki ate waza, considérés comme une étape avant les Gyaku kime waza du niveau ichigen, mais il y eut une tendance à les omettre peu à peu. En outre, durant les trois dernières années d’existence de sensei, on enseignait Tai sabaki ate waza aux élèves durant leur premier mois, mais si on lui donnait des conseils à ce sujet au cours du deuxième mois, nous nous faisions réprimander.

Comme les débutants recevaient inévitablement l’enseignement des Tai sabaki ate waza, leur profondeur était quasiment dissimulée sous le secret. Déjà à l’époque où je suis devenu élève, sensei disait fréquemment à propos des tai sabaki ate waza, « C’est une technique très importante ».

A la réflexion, ce sont des techniques pour attaquer avec des atemi, où on déséquilibre avec l’aiki tout en exécutant un tai sabaki, face à un éventuel adversaire; on peut considérer que ceci est la base de l’aiki kenpo (lit. méthode du poing aiki) tenu secrète par sensei.

Je pense qu’être capable de faire face à l’adversaire avec uniquement ces tai sabaki ate waza est l’idéal. »


Paroles du maître

10 juin 1994

Les Tai sabaki ate waza sont importants. On les apprend dès le début mais personne ne s’y exerce.

Donc Takahashi shihan dit qu’actuellement les élèves s’exercent systématiquement aux très importantes techniques de base des tai sabaki ate waza en choisissant ceux que l’on nomme Shomen uchi, Katate dori, Ryote dori et Chudan choku tsuki.

Tai sabaki ate waza [shomen uchi] (ashi sabaki: progression avance)

L’adversaire attaque shomen uchi. Depuis la position naturelle, on avance le pied droit, on déséquilibre en recevant vers le haut la main qui attaque avec la main droite et on frappe du poing gauche le côté droit de l’adversaire (photos 1~4).

C’est une technique simple, où on réceptionne la main qui attaque, mais on ne reçoit pas uniquement vers le haut la main à l’aide d’une des protections hautes de l’aiki kenpo, on déséquilibre aussi en arrière l’adversaire. En faisant évoluer ce mouvement à un niveau d’initié, cela devient la technique d’aiki kenpo démontré par sensei.

Aikikenpo Shoden effectué par Sagawa sohan [Boshin jodan nijukajo-protection haute 20]


Tai sabaki ate waza [katate dori] (ashi sabaki: irimi en avançant)

En avançant le pied droit, l’adversaire saisit la main gauche avec sa droite. En avançant le pied gauche, on déséquilibre l’adversaire en arrière en faisant aiki age avec la main gauche.
Si on lève davantage la main de l’adversaire, on se libère tout juste (photos 1~2). On saisit le poignet adverse avec la main droite et en levant un peu la main, on se libère naturellement.
On rentre le pied gauche légèrement derrière la jambe droite de l’adversaire et on frappe son visage avec le dos du poing gauche (photos 3~4).

Aiki jujutsu effectué par Sagawa sohan [Katate dori aiki nage]

A travers cette technique, il est facile de comprendre pourquoi sensei a modifié le nom de Furihodoki ate waza en Taisabaki ate waza. Dans les anciennes écoles (koryu) de jujutsu, il existe une méthode équivalente représentative de la situation où on est saisi à une main, « Age hanashi » (séparer en montant), mais où on n’attache pas tellement d’importance au fait de déséquilibrer l’adversaire alors qu’on se libère de la saisie en faisant monter la main de l’adversaire. L’aiki nage effectué par sensei est une technique secrète qui provient de l’aiki sur saisie d’une main.

Paroles du maître

15 février 1974

Katate dori Taisabaki ate waza

(En observant une personne effectuant l’exercice)

Il met trop de force dans l’épaule. La force rentre dans le bras, dans tout le corps, ce n’est pas rapide.

(En démontrant)

Je retire la force dans tout le corps, j’avance le pied droit, et je déséquilibre mon adversaire en arrière en levant le coude depuis le bas, puis je me libère de sa saisie. Aussitôt, je l’aveugle à l’aide du dos de mon poing (uraken) ou bien j’effectue Yoko hiji ate (frappe) avec mon coude.

[Pour la variation décrite ici, elle devient impossible si ce n’est pas fait souplement.]

On se libère de la saisie adverse avec un furihodoki (ici age hanashi); on attache de l’importance aux techniques de contre-attaque en tant que techniques de base, dans les autres courants de type aiki et dans les tehodoki (libération de la main) des anciennes écoles comme le Tenjin shin’yo ryu, etc. On peut penser que l’aiki s’est développé à partir de ça.

Tai sabaki ate waza [ryote dori] (ashi sabaki: henko)

L’adversaire avance sa jambe droite et vient saisir les deux mains. On avance le pied gauche et on déséquilibre l’adversaire en faisant aiki age (photo 1)

En coupant avec le poignet droit, on se libère tout juste de la main droite adverse, et en même temps on effectue Henko en faisant pivoter vers l’arrière gauche la jambe droite (photos 2~3)

On emmêle la main droite de l’adversaire avec la notre en gardant le contact, on fait pivoter son corps vers la gauche afin de le déséquilibrer vers le haut, puis on profite de l’ouverture pour frapper du poing gauche son côté droit (photo 4). En faisant évoluer l’aiki de Ryote dori, cela devient une technique secrète d’Aiki Kime (immobilisation aiki), l’aiki nage sur saisie des deux mains de sensei.

Aiki jujutsu démontré par Sagawa sohan [Ryote dori aikinage]

Tai sabaki ate waza [chudan choku tsuki] (ashi sabaki: Henko)

L’adversaire vient frapper du poing droit (tsuki). A partir de la position naturelle, on retire circulairement la jambe droite sur l’arrière gauche, et en faisant Henko, on contrôle la main qui attaque en la frappant vers le bas (uchi otoshi osae)[photos 1~2~]. Immédiatement, on ramène notre jambe à sa place en exécutant mae geri (coup de pied de face) [photos 3~4~].

La photo ci-dessous a été prise alors que sensei enseignait à Jennie, une australienne devenue élève du Sagawa dojo et titulaire de la ceinture noire.

Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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6 Comments

Eric Grousilliat

Oups ! Merci…une erreur de ma part qui devrait être corrigé désormais.

Merci pour la lecture.

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