Shirakawa Ryuji est un jeune shihan de l’aikido japonais, ancien uchi deshi du dojo de Kobayashi Yasuon possédant une certaine expérience de l’aikido à l’étranger notamment avec Asai sensei en Allemagne et fils de Shirakawa Katsutoshi, 7ème dan Aikikai. Il est également le chef-instructeur du dojo Shinbu Rensei Juku à Sendai au nord du Japon.

Très actif sur les réseaux sociaux, Shirakawa sensei publie régulièrement des vidéos illustrant sa pratique dynamique et innovante. La dernière vidéo en date a pour titre « Aikido Tokubetsu na kaeshi waza – les techniques spéciales de retournement en aikido ».

Kaeshi waza est un ensemble de techniques plus ou moins définies servant, comme leur nom l’indique, à retourner l’issu d’une situation. Bien entendu, il s’agit d’une pratique techniquement avancée qui requiert une bonne disponibilité du corps afin de déceler la faille, la rupture, l’opportunité dans l’exécution du partenaire.

On a l’habitude de dire que le meilleur technicien est le meilleur uke. En effet, savoir subir de manière correcte une technique, nécessite une présence de corps et d’esprit, une écoute des mouvements de l’autre, une détermination, tout un tas de qualité immédiatement applicable dans l’application des techniques. Être bon uke permet également de comprendre les faiblesses et failles éventuelles d’une technique, les possibilités d’annuler le mouvement, de s’en échapper et par extension de « retourner » la situation si on le désire.

Malheureusement, la vidéo précitée malgré les qualités physiques d’équilibre, de souplesse qu’elle suggère est ce qui peut le moins être nommé « Kaeshi waza ».

Dés les premiers mouvements, on voit clairement les interventions du partenaire afin de réaliser les retournés acrobatiques. Que ce soit Kote gaeshi, Sumi otoshi ou Kokyu nage, où il y a une claire traction vers le haut de la part du partenaire, ou encore Shiho nage ou Koshi nage, avec son exécution stoppée avant la fin, tout cela n’est que connivence et coopération (dans le mauvais sens de ces termes).

Alors oui, c’est spectaculaire, physiquement impressionnant et à l’instar des films d’arts martiaux, peut-être cela peut-il être un attracteur pour de futurs pratiquants, mais cela reste un écran de fumée.

 

Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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