Bon nombre d’élèves de l’époque d’avant-guerre de Ueshiba Morihei jouèrent un rôle majeur dans le développement des budo japonais.

Certains sont bien connus comme Shioda Gozo du Yoshinkan, Mochizuki Minoru du Yoseikan ou encore Tomiki Kenji du Shodokan mais j’aimerai aujourd’hui évoquer une personnalités issue de cette période et relativement moins connus, Inoue Noriaki.

Il s’agit sans aucun doute du plus grand oublié de l’histoire de l’aikido. Certes son nom apparait de ci, de là, mais Inoue sensei fut le plus ancien élève de Ueshiba sensei.

Né en 1902 dans la préfecture de Wakayama, il est le fils de la soeur aînée de Morihei. Il suivit l’évolution martiale de son oncle de ses premiers pas dans le Daito ryu jusqu’à son évolution d’avant-guerre, non pas en spectateur mais bien en acteur.

Il s’éloigna peu à peu, pour finalement stopper toute relation avec son oncle au lendemain de la guerre. Lui aussi influencé fortement par Deguchi Onisaburo, il suivit une voie parallèle à celle de son oncle et finit par donner naissance au Shin ei Taido.

On peut le considérer comme le premier instructeur d’aikido de l’histoire, même si, il n’utilisa jamais ce nom pour désigner sa pratique. Il fut même pour un temps présenti pour devenir le successeur de Ueshiba Morihei.

Il existe plusieurs raisons qui furent à l’origine de la dégradation des relations de l’oncle et du neveu. Cherchant sans doute à se débarrasser de l’embarrassante présence de Takeda Sokaku, qui surgissait régulièrement chez son élève sans prévenir dès 1922, Deguchi proposa de remplacer le nom de Daito ryu jujutsu par celui d’Aiki jujutsu. L’hésitation de Ueshiba à ce sujet fut l’une des raisons de la brouille avec Inoue après-guerre.

Une autre raison est que dans les mêmes années, Ueshiba faisait souvent référence à son art comme le Budo impérial sans la moindre autorisation de l’Empereur.

On peut imaginer également que des problèmes de succession intervinrent. En effet, dans le courant des années 30, Ueshiba sensei se faisait du souci pour se trouver un successeur à la tête de son art. Il avait déjà perdu deux fils en bas âge, et le seul qui lui restait (Kisshomaru) était encore trop jeune et absolument pas impliqué dans la pratique.

Plusieurs personnes comme Inoue Noriaki, Mochizuki Minoru et Nakakura Kiyoshi furent envisagés comme futur dirigeant de l’école qui allait devenir l’aikido. Nakakura Kiyoshi, issu du monde du kendo, intégra même pour un temps la famille Ueshiba en épousant la fille de Morihei.

Et finalement, lorsque en 1942, Inoue sensei apprit que désormais la pratique de son oncle serait nommé Aikido, ce fut la fin de l’entente. Pour sa part, Inoue sensei utilisa le nom Aiki Budo jusqu’en 1956, puis adopta celui de Shinwa Taido avant de finalement opter pour celui de Shin Ei Taido.


En regardant ces vidéos, on peut voir la quasi-similitude des mouvements de Inoue sensei avec ceux de son oncle, sentiment renforcé par la ressemblance physique entre le neveu et son oncle.

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2 commentaires sur “Le tout premier aikidoka

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