Même si le nom est associé en général avec l’image folklorique du ninja, la discipline du lancer d’objets (pointes, couteau, etc) en plus d’être un classique des arts martiaux japonais, présente un énorme intérêt dans la formation du corps.


Le terme Shuriken ( 手裏剣) signifie «sabre de paume» et désigne des objets aussi variés que des couteaux de lancer ou bien des pointes d’acier. Bon nombre de systèmes martiaux (Ryuha) ou d’experts reconnus se sont interressés à cette pratique à un moment ou un autre.
La très célèbre école Tenshin Shoden Katori Shinto ryu, par exemple, comprend dans son cursus le lancer de dard métallique, une pratique qui reste encore confidentielle.

Je me rappelle que le sujet avait été évoqué avec Tamura sensei, ce dernier confirmant la grande similitude entre le lancer et le sens de la coupe, en termes de geste, de relâchement, etc.
Il nous avait raconté à l’époque une anecdote impliquant Noro sensei.

Noro Masamichi

Du temps où lui et Noro sensei était uchi deshi, au Japon, ce dernier s’entraînait au Shuriken jutsu en se servant du revers d’un tatami maintenu contre un mur, comme cible.
Il arriva un accident un jour, où cours duquel Ueshiba Moriteru (Actuel doshu de l’Aikikai) fut légèrement blessé. Dans une ultime tentative pour calmer les pleurs de l’enfant (Je pense que l’évènement eut lieu durant les années 1950, aussi Moriteru devait avoir moins de 10 ans), Noro sensei acheta son silence contre la promesse d’une tablette de chocolat.
Et cela sembla fonctionner, du moins jusqu’à ce que l’enfant, au bout de quelques jours, n’ayant toujours pas reçu son paiement, résilia le contrat et raconta tout à ses parents.

De nos jours encore, au dojo d’Iwama, Saito Hitohira sensei fait partager ses connaissances, reçut de son père Morihiro, dans ce domaine. Le type d’armes employé et les formes de lancer proviennent de l’école Negishi ryu (根岸流).

J‘ai eu l’occasion d’apercevoir le type de dard employé lors d’une visite au domicile de Saito sensei, ce sont de lourdes et massives pointes d’acier à section hexagonale.
Bien entendu, un autre expert de renom dans (entre autres) ce domaine, bien connu des pratiquants français et européens est bien entendu Kono Yoshinori sensei. Il est intéressant de noter que l’école d’origine de Kono sensei est également le Negishi ryu.

Il s’agit d’un style que l’on doit à Negishi Shorei (1833-1897), au cours du 19e siècle. Ayant reçu notamment la transmission de l’école Ganritsu ryu, il créa à partir de cette tradition de nouvelles formes de Shuriken justu. Il changea notamment la forme, le poids, etc, donnant aux dards une forme ronde et hexagonale.

Negishi Shorei (根岸松齢)

La vidéo qui suit est un ancien documentaire japonais présentant l »école Negishi ryu.

Pour conclure, et renforcer l’idée de l’intérêt de cette pratique, il est bon de rappeller que Sokaku Takeda et Yukiyoshi Sagawa, du Daito ryu, avait également gouté au Shurikenjutsu. Sagawa notamment précisait qu’il était préférable de s’entraîner en possédant une centaine de dards car sinon on perdait un temps précieux a allé retirer ceux qu’on avait planté pour recommencer. Il s’agit bien entendu d’objets dangereux et la pratique tout comme celle du sabre doit s’effectuer dans les conditions de sécurité adéquate.

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