https://www.budoshugyosha.com/?p=698Voici donc la seconde partie consacré au dossier « Les Tanren de Sagawa Yukiyoshi » publié en 2008 dans un numéro du magazine Hiden. Sagawa sensei apprit le Daito ryu avec Takeda Sokaku et était réputé pour sa maitrise de l’Aiki.

Ci-dessous Yajima shihan démontre les méthodes auxquelles il a été initié de manière détaillé par sensei. Il en existe trois différentes.
Yajima shihan qui pratique depuis longtemps le tanren de Henko, a bien préservé l’enseignement du maître. En outre, sensei fut plus d’une fois admiratif de son aiki sur katate dori, disant « C’est habile sans mettre de force ! » ; ceci résulte du tanren de henkou associé au renforcement de l’aiki.

Classification des méthodes de déplacement Ashi sabaki du niveau ichigen

J’ai appris les méthodes de ashi sabaki en progressant avec les anciens, mais j’ai entendu dire qu’il y avait un secret. Cependant, on peut aussi penser que les méthodes élémentaires de ashi sabaki du niveau ichigen est ce qu’il y a de plus important.
De plus, dans son ouvrage « Daito ryu aiki goshinjutsu kyohon » (manuel de self-défense aiki du Daito ryu), sensei indique que concernant les méthodes de ashi sabaki, il existe cinq bases de déplacement zenshin (progression en avant), goten (pivot arrière), henten (changement), henko (changement) et ushiro henko (changement arrière).

Les différentes méthodes de ashi sabaki basiques sont réunies sur un même schéma un peu plus loin. Cependant, comme il est plus facile de faire la comparaison à partir d’une attaque shomen uchi, certaines des techniques apparaissant ne font pas partie du niveau ichigen.
Si on devait donner provisoirement donner un nom aux mouvements, ce serait zenshin (progression en avant) sure chigai (croisement), kotai (recul), ushiro irimi (entrée du corps/dans le corps arrière), yokoshin (progression latérale), henko (changement), mae henko (changement en avant) et ushiro henko (changement en arrière).

Ikkajo osae taoshi (progression en avant)

Ikkajo osae taoshi (progression en avant)

Comme pour l’ensemble des mouvements, on commence debout en position naturel. En même temps que l’on fait le déplacement ushiro irimi en exécutant gyakute nage, si on balaye la jambe droite du partenaire en se servant de notre jambe gauche, cela convient aux exercices de jambes (ashi no shuren) introduit par Sagawa sohan.

Tai sabaki et ashi sabaki qui ont été fait en secret

4 novembre 1973

Ashi no shuren – Koshi no shuren (entrainement des jambes/entrainement des hanches

Ma technique, du point de vue d’une personne d’un autre Daito ryu, peut être considérée comme une hérésie. Par exemple, si on prend la technique Kubijime du niveau Ichigen, comme c’est quelque chose que j’ai introduit pour le tanren des hanches, on ne la trouve pas dans le Daito ryu originel. Parce qu’il n’y a pas en tant que tanren des hanches, de randori en Daito ryu, le tanren des hanches n’est pas suffisant. J’ai donc introduit cette technique en tant que tanren des hanches.
De plus, j’avais organisé des exercices de hanches et de jambes qui n’existent pas dans les autres Daito ryu, mais à présent, je me sers de Tsuki dori gyak ute nage.
Il est nécessaire aussi d’accomplir davantage d’exercices de hanches et de jambes différents, mais vous devez réfléchir par vous-même.

21 décembre 1972
Méthode de déplacement en bojutsu et méthode de marche de sensei

Il y avait un senpai (ancien du dojo) qui avait pratiqué le bojutsu d’une certaine école. Voici ce que dit sensei en observant les ashi sabaki de cette personne. Comme il a pratiqué beaucoup de ces bizarres ashi sabaki de bojutsu, l’écartement de ses jambes est trop large. En écartant trop les jambes, c’est une mauvaise situation car on bloque notre posture en la dispersant.
Le maître, exécutant un mouvement de bojutsu de cette école, confia:
« En faisant ainsi, on ne peut enchainer plusieurs techniques, on devient lent. L’écart entre la jambe avant et celle arrière ne doit pas devenir trop important, ni trop faible, sinon on est dans l’incapacité de se déplacer en un instant. Le déplacement du maitre était ce que l’on nomme Okuri ashi (la jambe qu’on envoie), mais sans restriction de sa jambe droite comme en kendo, sa jambe gauche avançait aussi. Ainsi, je le différencie du pas de kendo, en nommant sa façon de faire, « Tsuranare ashi » (pas qui se suivent). »

9 février 1990
Ashi sabaki de Takeda sensei

En ce qui concerne Takeda sensei, son Ashi sabaki était rapide, s’élançant avec légèreté sans aucune difficulté. J’imite ce déplacement.

Gyakute nage (Ushiro irimi)

Ikkajo hiki taoshi (Hiki ashi)
Technique juste de Taisabaki (Progression en avant en Tsuranare ashi)

Déplacement du corps
1 Ikkajo osae taoshi
2 Gyakute nage
3 Ikkajo hiki taoshi
4 Taisabaki juste
5 Kote gaeshi en sortant
6 Kote gaeshi en sortant (henko)
7 Shiho nage (Mae henko)
8 Shiho nage (Ushiro henko)

Maintenant encore, je me rappelle clairement ce que disait sensei, alors que je l’accompagnais quand il enseignait les 27 bases du kenjutsu au cours du niveau Nigen, En Daito ryu, on n’enseigne pas les Taisabaki et les Ashisabaki pour garder cela secret.
Il disait la même chose alors qu’il enseignait Kyokidori (saisir l’arme du crime), technique pour faire face aux attaques de couteau et Shiraha dome (stopper la lame nue), technique pour faire face aux attaques de sabre. Alors, comment faire ? On pouvait retenir par l’observation les Taisabaki et les Ashisabaki de sensei. Ainsi on les retenait avec passion.

Kote gaeshi en sortant (progression latérale)

Kote gaeshi en sortant – Henko (Progression en avant)

En 1, on fait le sabaki « Henko ». De là, on fait Kote gaeshi mae henko (projection en avant), on fait Kote gaeshi ushiro henko (projection en arrière).

Shiho nage (Mae henko)

Shiho nage (Ushiro henko)

Qu’est-ce que l’aiki?

Je suis devenu élève de sensei le 5 mai 1972. Ce jour-là, il m’expliqua pour la première fois ce qu’était l’aiki. Une partie des notes prises ce jour est présenté ci-dessous.

5 mai 1972
Première rencontre avec Sagawa sensei.

C’est dans le salon que j’ai entendu ce qui suit.
« Avec l’aiki on prend à revers la puissance, immanquablement, on déséquilibre le partenaire en le laissant sans force, grâce à la prise d’angle et au maai. Qu’on fasse face à katate dori, ryote dori, kubi jime, ushiro kubi jime, avec l’aiki, on peut priver l’adversaire de sa force ».

La partie défensive de l’aiki qui est évoquée dans la phrase, « priver de sa force l’adversaire avec l’aiki », a été assimilé par les élèves, mais on a tendance à oublier la partie offensive. Les paroles qui suivent corrigèrent ce fait.

14 mars 1988
Définition de l’aiki

En ce qui concerne l’aiki, tous pense que c’est retirer la force adverse, mais ce n’est pas seulement ça. Il existe un aiki offensif et défensif. En défense, l’aiki consiste à retirer sa force à l’adversaire, dans tout son corps. Pour la forme offensive, l’aiki, c’est attaquer l’ensemble du corps adverse.

Voici ci-dessus un bref enseignement sur les aspects défensif et offensif de l’aiki. Il existe des attaques en utilisant l’aiki, et sensei en a expliqué l’application dans le chapitre « Caractéristiques de l’école Daito ryu aiki bujutsu » du Daito ryu aiki goshinjutsu enkaku kyu nyumon moshikomi sho , un dépliant à l’usage des aspirants-novices, datant de 1945 environ: « Si on frappe une articulation de l’adversaire avec le bras rempli d’aiki, on est capable de la briser. Si on frappe le visage, l’os se brise à coup sur. Ou encore, au moment où on attrape l’adversaire, on le prive de sa force et il ne peut endurer l’engourdissement » .

Sensei parlait souvent de la force de concentration de l’aiki. Voici ses commentaires à ce propos.

22 décembre 1973

On utilise le corps souplement, dans un tel instant, on peut déployer la force de concentration de l’aiki.

Force transparente et entrainement de base à l’aiki (le chemin vers l’aiki offensif et défensif)

Si on parle du Daito ryu, on doit aussi se préoccuper de l’aiki. Quel est le rapport entre l’aiki et les divers tanren provenant de Sagawa sohan ? Existe-t-il des indices vers « la méthode de tanren individuel de l’aiki » qui est une énigme éternelle !?

Aiki kihon tairen

L’Aiki kihon tairen est composé de trois sortes de catégories: la méthode de tanren respiratoire (chosoku), les frappes du type coup de pied, frappe du coude (hiji ate) et coup de poing, et les mouvements du tronc, des membres inférieurs et supérieurs semblables à la gymnastique radiodiffusée.
Le terme « Aiki kihon tairen » qui signifie « entraînement corporel de base de l’aiki », fait allusion à la méthode de tanren individuel de l’aiki selon la transmission secrète de sensei. Ici trois formes (il n’y a pas de nom à l’origine) vont être présentées parmi un total de vingt (il en existait auparavant trente dans le « Daito ryu aiki goshinjutsu »).

Aiki kihon tairen 4 – « Frapper des poings en ouvrant à gauche et à droite »

En positon debout, on plie les bras devant la poitrine, le droit en haut, le gauche en bas (1). On serre solidement les poings en concentrant la force et on ouvre les bras horizontalement sur les deux côtés (2). On ramène ensuite les deux bras au niveau de la poitrine, le gauche en haut, le droit en bas, puis on répète le mouvement en ouvrant sur les deux côtés, les bras, la force concentrée dans les poings. (Manuel de self-défense aiki du Daito ryu)

Cette façon de faire du point de vue de la gymnastique peut être considérée comme de simples mouvements des membres supérieurs, mais en vérité, sensei disait que l’on pouvait s’en servir dans un combat réel, ce qui se rattache aux frappes de l’aiki kenpo.

Paroles du maitre
15 février 1974

Quand j’étais jeune, si j’enseignais cela en tant que technique à mes amis de l’école d’anglais, on pouvait renverser deux adversaires en même temps au cours d’une querelle en frappant à gauche et à droite.

Aiki kihon tairen 7 – « Chosoku aiki age »

Debout les deux mains ouvertes sur les hanches, on envoie le ki dans le seika tanden en respirant par le nez. On expire par le nez, faisant jaillir le ki en avançant la jambe droite, tout en dessinant un demi-cercle vers le haut et vers l’avant à l’aide des deux mains. On inspire en renvoyant le ki dans le seika tanden et on ramène la jambe droite. On répète ensuite le même mouvement en avançant la jambe gauche.
On introduit Chosoku ho (méthode de tanren respiratoire dont la vraie appellation est « chosoku shuki tanden rentan ho ») dans les mouvements de Aiki age en zadori (ndt: zadori, position agenouillée équivalent au suwari waza d’aikido).
Ce qui est présenté ici a été modifié par moi pour en faire une base de respiration naturel car Chosoku ho (méthode de modification respiratoire) est un peu difficile.

Paroles du maitre
15 janvier 1974
Méthode respiratoire

Dans la méthode respiratoire (kokyu ho),on se renforce en durcissant le corps et en forçant l’inspiration et l’expiration. On va à l’encontre du principe naturel. En ce qui concerne la respiration, le naturel est meilleur.

De la force concentrée de l’aiki à la force transparente

Il vint un moment où sensei, graduellement, n’utilisa plus la « force concentrée de l’aiki », et se mit à se servir à la place de ce que l’on appelle la « force transparente ».
J’ai entendu ce terme de « force transparente » pour la première fois le 18 juillet 1986. Ce qui suit sont les paroles datant de cette époque.

Paroles du maître
18 juillet 1986
Force transparente

(Au moment où l’adversaire lève son coude droit en venant frapper au visage) Avec la force transparente de ma main gauche, je le déséquilibre en montant son coude suffisamment et si j’avance le pied il tombe. Dans le tsuppari du sumo aussi, si la force transparait sans qu’il y ait de puissance dans les épaules, on devient vigoureux. [Ndt: le tsuppari est la succession de frappe paumes ouvertes contre la poitrine et le visage de l’adversaire en sumo]

Paroles du maître
10 août 1986
Le point sur lequel j’ai progressé ces dix dernières années

Autrefois, j’attaquais en laissant passer la main adverse et en l’étirant. C’est une technique où on renverse (l’adversaire) en touchant de la paume le poing adverse qui délivre une attaque directe au visage [jodan choku tsuki]. Actuellement, en laissant passer la main adverse, j’attaque et je projette en utilisant le tegatana [a main formant un sabre]. Je peux le faire car si on ne met pas de force dans les épaules, la puissance sort.

Paroles du maître
10 août 1986
La force transparente

Jusqu’à maintenant je n’avais pas compris mais quand on met de la force dans les épaules, on n’est pas capable de faire l’aiki. Il faut faire jaillir la force qui transparait, la force transparente, en retirant la force des épaules.

Aiki kihon tairen 23 – « Mouvement de concentration de la force dans l’arrière des hanches »

Debout, les jambes largement écartées, les mains posées sur les genoux, on fléchit les genoux en maintenant droit le haut du corps, et on répète le mouvement de concentration de la force dans l’arrière des hanches. Il y a à la fois la façon de poursuivre le mouvement pour concentrer la force, en fléchissant les genoux, et la façon de poser les deux mains sur l’arrière des hanches.

L’objectif de cette méthode est le renforcement (tanren) de l’arrière des hanches mais par le fait de fléchir les genoux, cela sert aussi de renforcement (tanren) des membres inférieurs.

Il ne faut pas pencher le haut du corps et faire ressortir les fesses. Il faut prendre conscience du fait d’étirer l’arrière des hanches de façon à enrouler le coccyx.

En me basant sur les circonstances, je réfléchis à ce qui s’est radicalisé pour qu’il y ait une évolution de la « force de concentration de l’aiki » à ce que sensei nomma à la fin de sa vie la « force transparente ».
Autrement dit, l’aiki peut s’exprimer selon un aspect défensif et selon un aspect offensif, et dans son aspect défensif, il existe un « aiki contre les saisies » et un « aiki contre les frappes ». De plus, dans l’aspect offensif, on utilise la « force concentrée de l’aiki » mais cela a été radicalisé au moyen de la force transparente. Ce déploiement est notre lointain objectif.

Paroles du maître
9 décembre 1988

L’aiki, cela évolue progressivement. Au début, je n’étais pas capable (de l’utiliser) habilement. Je n’avais pas de point de repère mais j’y suis parvenu en faisant les tanren.

Même si tôt ou tard, on fait de l’aiki, il y a des choses très difficiles à  acquérir pour des personnes ordinaires comme nous, mais sensei a dit, « j’y suis parvenu en faisant les tanren ». Je souhaite m’approcher un peu du sommet, en tâtonnant dans les tanren aiki du programme conçu par sensei.

La méthode individuelle de tanren aiki que l’on n’a jamais vu faire

Le 14 mars 1988, il a été fait allusion (par sensei) à une méthode individuelle de tanren aiki secrète.

14 mars 1988
Méthode individuelle de tanren aiki

Il existe une méthode individuelle de tanren aiki. Takeda sensei ne la connaissait pas. Personne ne l’a trouvé.

Cette méthode individuelle de tanren aiki ne peut pas être clairement apprise, si je consulte mes notes d’étude, il apparait qu’il y a des choses implicites qui s’opposent à cela. Il y eu en outre une expérience remarquable.

Le 18 mai 1990, sensei s’effondra victime d’un infarctus du myocarde. Par chance, cette nuit-là, se trouvait le docteur Kimura (Ndt: frère de Kimura Tatsuo), médecin à l’hôpital Todai, et lui et moi prirent la garde, veillant en observant discrètement sensei depuis l’extérieur de la chambre où il se reposait. Après cela, de nombreux élèves nous aidèrent en veillant à leur tour.
Une nuit, sensei montra une forme afin de vérifier une partie de son corps, en disant, « c’est encore mauvais ! » . Cela fut observé je ne sais pas combien de fois par ceux qui étaient de surveillance, moi y compris.

La méthode individuelle de tanren aiki est suggestive. Je ne peux pas la rendre publique mais je présente ci-après une partie des suggestions que nous a légué sensei.

Paroles du maître
30 septembre 1972
Les mains et les bras de l’aiki

Comme je ne m’entraîne pas actuellement, mes bras sont devenus maigres, mais si je fais l’aiki, ils grossissent. Les bras de Mr Taguchi étaient aussi devenus gros. A cause des frottements, il avait perdu ses poils de poignets, et par la suite, ils avaient repoussés plus épais. De plus, ses paumes et la pulpe de ses doigts s’aplatirent. C’était aussi le cas des mains de Takeda sensei. Cela a bien été observé par Tokimune et deux autres personnes.

Les doigts du maître étaient gros et ses majeurs un peu long. De plus, la région où se situe le tsubo (point de pression médicale) que l’on nomme « Gokoku », à l’intersection du pouce et de l’index, sur la bosse à la base du pouce, était très épaisse.

Le point de pression Gokoku

Paroles du maître
15 septembre 1990

En aiki, la rapidité et la finesse d’esprit sont nécessaires. Il faut être astucieux. De 19 ans à aujourd’hui, en enseignant, je n’ai jamais vu quelqu’un avec ce talent. Tous, n’ont ni finesse, ni rapidité, ils ne sont pas habiles. Quand j’enseigne, je le fais lentement, je peux le faire plus vite, mais personne ne comprend.

Paroles du maître
15 mai 1973
Tai no aiki (aiki du corps)

Quand j’avais la trentaine et la quarantaine, je ne comprenais pas l’aiki du corps. Passé 50 ans, j’ai finalement compris, mais Takeda sensei projetait son adversaire même si ce dernier lui saisissait le corps en y mettant toutes ses forces. En m’inspirant de ça, je fus capable de renouveler mon tanren.

Importantes techniques de base qui relient Tai sabaki – Aiki – Ate waza
Paroles du maître
19 décembre 1974

Les atemi sont importants mais la base principale de l’aiki est Tai sabaki Ate waza (techniques de percussion et tai sabaki)

Précédemment, dans l’interview de ceux liés au Sagawa dojo, il a été dit: « Il existe un entraînement au tai sabaki, on le faisait toujours avant la pratique, il est devenu secret par la suite », il s’agit de l’ensemble des techniques Tai sabaki ate waza, un système dont Sagawa sensei en personne disait, « C’est la base principale de l’aiki ».

Le système des techniques de percussion, devenues secrètes à partir des bases

Paroles du maître
20 décembre 1974

Au moment où on frappe du poing (tsuki), le fait de retirer la main freine, le coup ne pénètre pas et cela est inefficace. Si on frappe du poing, on le fait en avançant. Les pieds ne doivent pas reculer, les poings ne doivent pas être retirés.

Il exécute 2-3 coups de poing avec les pieds qui suivent, en avant.

Au moment où on frappe, on met l’épaule. Ordinairement, on ne met pas l’épaule en frappant, mais si on le fait, on obtient une différence d’allonge.

Tai sabaki ate waza est un système dans lequel sont rassemblés des techniques où on met un atemi, en se défendant au moyen de Tai sabaki et de Te sabaki, et en faisant aux diverses attaques adverses. A l’origine on utilisait le terme de « Furihodoki ate waza » (repousser-technique de percussion), qui devint par la suite « Tai sabaki ate waza » (démêler [une situation] avec le corps-technique de percussion).

On a pensé à modifier le nom afin que cela devienne des techniques qui attachent de l’importance au fait de « déséquilibrer l’adversaire » en mettant l’accent sur l’aiki et le taisabaki, plutôt que de se défendre simplement face aux attaques (saisies, etc.) de l’adversaire, comme c’est le cas dans le Furihodoki (une initiation à proprement parlé).

A l’époque où je suis devenu élève, on utilisait déjà le terme « Taisabaki ate waza ». Il y avait de nombreux exercices inscrit dans le programme d’étude placé dans le dojo, et entre autres les tai sabaki ate waza nommés shomen uchi (frappe à la face), jodan choku tsuki (coup de poing direct haut), yokomen uchi (frappe au côté de la tête), muna dori (saisie au niveau de la poitrine), sode dori (saisie de la manche), katate dori saisie d’une main), ryote dori (saisie des deux mains), uchite dori (saisie de l’intérieur de la main).
Cependant lorsque j’ai débuté, ce fut Taguchi shihan qui m’enseigna les techniques du niveau ichigen et qui m’apprit les Tai sabaki ate waza avant d’introduire les Gyaku kime waza (techniques de contrôle en revers), les Tai sabaki ate waza recouvrant toutes les situations des Gyaku kime waza du niveau ichigen.

Par nature, dans le Daito ryu tel qu’il fut transmit par Sagawa sensei, il existait un système en cinq niveaux pour apprendre les Tai sabaki ate waza, considérés comme une étape avant les Gyaku kime waza du niveau ichigen, mais il y eut une tendance à les omettre peu à peu. En outre, durant les trois dernières années d’existence de sensei, on enseignait Tai sabaki ate waza aux élèves durant leur premier mois, mais si on lui donnait des conseils à ce sujet au cours du deuxième mois, nous nous faisions réprimander.

Comme les débutants recevaient inévitablement l’enseignement des Tai sabaki ate waza, leur profondeur était quasiment dissimulée sous le secret. Déjà à l’époque où je suis devenu élève, sensei disait fréquemment à propos des tai sabaki ate waza, « C’est une technique très importante ».

A la réflexion, ce sont des techniques pour attaquer avec des atemi, où on déséquilibre avec l’aiki tout en exécutant un tai sabaki, face à un éventuel adversaire; on peut considérer que ceci est la base de l’aiki kenpo (lit. méthode du poing aiki) tenu secrète par sensei.

Je pense qu’être capable de faire face à l’adversaire avec uniquement ces tai sabaki ate waza est l’idéal.

Paroles du maître
10 juin 1994

Les Tai sabaki ate waza sont importants. On les apprend dès le début mais personne ne s’y exerce.
Donc Takahashi shihan dit qu’actuellement les élèves s’exercent systématiquement aux très importantes techniques de base des tai sabaki ate waza en choisissant ceux que l’on nomme Shomen uchi, Katate dori, Ryote dori et Chudan choku tsuki.

Tai sabaki ate waza [shomen uchi] (ashi sabaki: progression avance)

L’adversaire attaque shomen uchi. Depuis la position naturelle, on avance le pied droit, on déséquilibre en recevant vers le haut la main qui attaque avec la main droite et on frappe du poing gauche le côté droit de l’adversaire (photos 1~4). C’est une technique simple, où on réceptionne la main qui attaque, mais on ne reçoit pas uniquement vers le haut la main à l’aide d’une des protections hautes de l’aiki kenpo, on déséquilibre aussi en arrière l’adversaire. En faisant évoluer ce mouvement à un niveau d’initié, cela devient la technique d’aiki kenpo démontré par sensei.

Aikikenpo Shoden effectué par Sagawa sohan [Boshin jodan nijukajo-protection haute 20]
Tai sabaki ate waza [katate dori] (ashi sabaki: irimi en avançant)

En avançant le pied droit, l’adversaire saisit la main gauche avec sa droite. En avançant le pied gauche, on déséquilibre l’adversaire en arrière en faisant aiki age avec la main gauche. Si on lève davantage la main de l’adversaire, on se libère tout juste (photos 1~2). On saisit le poignet adverse avec la main droite et en levant un peu la main, on se libère naturellement. On rentre le pied gauche légèrement derrière la jambe droite de l’adversaire et on frappe son visage avec le dos du poing gauche (photos 3~4).
Aiki jujutsu effectué par Sagawa sohan [Katate dori aiki nage]

A travers cette technique, il est facile de comprendre pourquoi sensei a modifié le nom de Furihodoki ate waza en Taisabaki ate waza.
Dans les anciennes écoles (koryu) de jujutsu, il existe une méthode équivalente représentative de la situation où on est saisi à une main, « Age hanashi » (séparer en montant), mais où on n’attache pas tellement d’importance au fait de déséquilibrer l’adversaire alors qu’on se libère de la saisie en faisant monter la main de l’adversaire.
L’aiki nage effectué par sensei est une technique secrète qui provient de l’aiki sur saisie d’une main.

Paroles du maître
15 février 1974
Katate dori Taisabaki ate waza

(En observant une personne effectuant l’exercice)
Il met trop de force dans l’épaule. La force rentre dans le bras, dans tout le corps, ce n’est pas rapide.
(En démontrant)
Je retire la force dans tout le corps, j’avance le pied droit, et je déséquilibre mon adversaire en arrière en levant le coude depuis le bas, puis je me libère de sa saisie. Aussitôt, je l’aveugle à l’aide du dos de mon poing (uraken) ou bien j’effectue Yoko hiji ate (frappe) avec mon coude.

[Pour la variation décrite ici, elle devient impossible si ce n’est pas fait souplement.]

On se libère de la saisie adverse avec un furihodoki (ici age hanashi); on attache de l’importance aux techniques de contre-attaque en tant que techniques de base, dans les autres courants de type aiki et dans les tehodoki (libération de la main) des anciennes écoles comme le Tenjin shin’yo ryu, etc. On peut penser que l’aiki s’est développé à partir de ça.

Tai sabaki ate waza [ryote dori] (ashi sabaki: henko)

L’adversaire avance sa jambe droite et vient saisir les deux mains. On avance le pied gauche et on déséquilibre l’adversaire en faisant aiki age (photo 1) En coupant avec le poignet droit, on se libère tout juste de la main droite adverse, et en même temps on effectue Henko en faisant pivoter vers l’arrière gauche la jambe droite (photos 2~3) On emmêle la main droite de l’adversaire avec la notre en gardant le contact, on fait pivoter son corps vers la gauche afin de le déséquilibrer vers le haut, puis on profite de l’ouverture pour frapper du poing gauche son côté droit (photo 4). En faisant évoluer l’aiki de Ryote dori, cela devient une technique secrète d’Aiki Kime (immobilisation aiki), l’aiki nage sur saisie des deux mains de sensei.

Aiki jujutsu démontré par Sagawa sohan [Ryote dori aikinage]
Tai sabaki ate waza [chudan choku tsuki] (ashi sabaki: Henko)

L’adversaire vient frapper du poing droit (tsuki). A partir de la position naturelle, on retire circulairement la jambe droite sur l’arrière gauche, et en faisant Henko, on contrôle la main qui attaque en la frappant vers le bas (uchi otoshi osae)[photos 1~2~]. Immédiatement, on ramène notre jambe à sa place en exécutant mae geri (coup de pied de face) [photos 3~4~].

La photo ci-dessous a été prise alors que sensei enseignait à Jennie, une australienne devenue élève du Sagawa dojo et titulaire de la ceinture noire.

Tai sabaki ate waza démontré par Sagawa sohan (uke) [Chudan choku tsuki]
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