Tessu

Dans son hommage à Tamura sensei, la revue Seseragi de septembre 2010 publie notamment trois des poèmes écrit par sensei dans ses derniers mois sur Terre. Tous sont à la fois triste et beau mais c’est vers celui du mois de juin, que sont tournées mes pensées aujourd’hui.

Tamura sensei reprend le poème funéraire d’un illustre homme (sabreur, calligraphe, bouddhiste zen) du passé, mort d’un cancer de l’estomac en 1888, auquel il rajoute la simple ligne:

Pouvoir partager l’expérience ultime de Tesshu sensei est un honneur, un privilège.

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Cet homme se nommait Yamaoka Tesshu, et plus encore que l’expert en sabre, c’est l’être humain qui est resté dans la légende. On raconte que la veille de sa mort, ses élèves avaient renoncés à s’entraîner pour être à ses côtés dans ses dernieres heures. Il leur déclara simplement, «  l’entraînement est la seule façon de m’honorer« .

C’est donc tout naturellement, en hommage à Tamura sensei, que je vous propose une présentation de Yamaoka Tesshu.

Né sous le nom de Ono Tetsutaro le 10 juin 1836, ce célèbre bushi de la période Bakumatsu (fin du shogunat Tokugawa 1853-1868) joua un rôle important dans la restauration de Meiji. Il fut un célèbre bouddhiste, calligraphe et sabreur.

Son père était un serviteur du shogunat Tokugawa et sa mère, fille d’un prètre shinto du Kashima Jingu. Il débute à 9 ans l’étude du kenjutsu du Jikishinkage ryu et plus tard pratique l’école Ono ha itto ryu. A 17 ans, il rejoint l’institut militaire Kobukan et l’école de lance Yamaoka sous la direction de Yamaoka Seizan. Ce dernier décéda peu de temps après. Tetsutaro épousa sa soeur et adopta le nom de Yamaoka.

Il était déjà très talentueux dans les arts martiaux malgré sa jeunesse. A 28 ans, battu par un sabreur de l’école Itto ryu, Asari Gimei, il devint son élève. Malgré sa force et sa jeunesse, il ne pouvait faire face à l’état mental de son maître. Il augmenta alors ses efforts en s’entraînant davantage et en pratiquant la méditation. Nuit et jour, dormant ou mangeant, il pensait constamment à l’escrime.

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Tokugawa Yoshinobu, dernier shogun Tokugawa

En 1856, il est instructeur en chef du Kobukan et en 1863, il devient superviseur du Roshigumi, une troupe de ronin servant de force auxilliaire (mercenaires) à l’armée shogunale. En 1868, il est nommé chef du Sei Eitai, troupe d’élite de gardes du corps du shogun Tokugawa Yoshinobu. Il fut chargé par la suite de mener les négociations face à Saigo Takamori qui se rebellait contre le gouvernement. Ce dernier parla de lui en ces termes:

« C’est le trésor du shogun Tokugawa. C’est un homme endurci pour négocier. Il ne se soucie pas de sa vie, de son

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honneur ou de l’argent. S’il n’était pas ainsi, nous n’aurions pas été capable de discuter ensemble des affaires importantes de notre pays. C’est un homme vraiment désintéressé. »

 

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Saigo Takamori

Après la restauration de Meiji, il devient officiel du domaine de Shizuoka puis gouverneur de la préfecture Imari. Il deviendra plus tard, chambellan de l’empereur Meiji.

En 1880, le 30 mars, à l’âge de 45 ans, il atteignit le Satori. Il se rendit au dojo de son maitre, qui reconnut le fait qu’il avait atteint l’illumination. Peu après, Yamaoka ouvre son propre dojo et fonde l’école Itto Shoden Muto ryu (一刀正伝無刀流). Il oeuvra à maintenir dans son dojo, le style du « non-sabre », où le guerrier réalise qu’il n’y a pas d’ennemi, et que seul compte la pureté du style.

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Démonstration contemporaine du Itto shoden muto ryu

Se rendant compte des limites de la pratique dans un dojo dès cette époque, il introduisit dans la pratique du sabre, l’exercice Tachigiri no seigan. En effet, les disciples de Yamaoka Tesshu avaient fait le voeu de se soumettre à l’entraînement suivant:

  • Au préalable, accomplir 1000 jours d’entraînement sans en manquer un seul, puis première phase, pendant deux jours, 200 combats par jour seul et sans pause, contre 20 adversaires pouvant se reposer et combattre tour à tour.
  • La phase deux et la phase trois consistaient en la même chose mais durant respectivement trois et sept jours.
  • Et finalement, 1000 jours d’entraînement de 4h du matin à 8h du soir, en affrontant 100 adversaires par jour.

Yamaoka Tesshu était grand, environ 1m80, ce qui était assez inhabituel pour l’époque et très athlétique. Sa pratique intense du sabre, du zen et de la calligraphie lui valut le surnom de « Démon Tesshu ». Il est connu comme un des trois shu (en référence au même kanji constituant leurs noms) de Bakamutsu (Bakamatsu no sanshu), trois célèbres artistes de l’époque qui sont:

Yamaoka Tesshu
Takahashi Deishu (1835-1903)
Katsu Kaishu (1823-1899)

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De gauche à droite: Katsu, Takahashi et Yamaoka

Le dernier de cette liste, officier de la marine japonaise et homme d’état, décriva son ami comme suit,

« Tesshu était comme un miroir limpide, sans pensée égoiste. Il prenait ses décisions instantanément et ne faisait jamais d’erreur dans aucune situation.« 

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Katsu Kaishu

Yamaoka Tesshu mourrut à 52 ans d’un cancer de l’estomac. La veille de sa mort, alors que ses élèves avaient renoncé à s’entraîner pour être à ses côtés dans ses derniers instants, il leur dit, « L’entraînement est la seule façon de m’honorer ». Avant de mourir, il composa son poème funéraire, que j’évoquais au début de cet article:

腹張って

苦しき中に

明け烏

Hara hatte

Kushiki naka ni

Akegarasu

La peine au ventre

Plongé dans la souffrance,

Corbeaux de l’aube

Puis il s’assit en seiza, ferma les yeux et mourrut ainsi. C’était le 19 juillet 1888.

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Written by Eric Grousilliat

Débute la pratique de l'aikido en 1988. En 1993, rencontre avec Tamura Nobuyoshi sensei dont il va suivre l'enseignement jusqu'au décès de ce dernier en 2010. Tamura sensei lui délivre le 4e dan en 2009. S'installe au Japon, à Tokyo en 2008, et poursuit la pratique de l'aikido au Tendokan...
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