Takeda Sokaku, le réputé propagateur du Daito ryu Aiki jujutsu, eut de par le Japon, un nombre considérable d’élèves, un faible pourcentage cependant se distingua du lot, essentiellement les détenteurs du Kyoju Dairi, un titre validant d’une connaissance et d’une maîtrise les autorisant à devenir enseignant-assistant de l’école.

En se basant sur les registres (Eimeiroku) de Takeda Sokaku, on peut estimer à une trentaine le nombre de personnes ayant obtenues le Kyoju Dairi de ses mains.

Sato, Kanmi (1902)
Shimoe, Shutaro (1903)
Harada, Shinzo (1903)
Mikami, Tomiji (1907)
Sagawa, Nenokichi (1913)
Yoshida, Kotaro (1915)
Ueshiba, Morihei (1922)
Asano, Seikyo (1922)
Sagawa, Yukiyoshi (1924)
Matsuda, Hosaku (1928)
Miyano, Hikojiro (1929)
Matsuda, Hosaku (1929)
Mae, Kikutaro (1929)
Horikawa, Taiso (1930)
Sato, Seishiro (1932)
Sato, Keisuke (1935)
Hisa, Takuma (1936)
Yoshimura, Yoshiteru (1936)
Yokoyama, Eijiro (1936)
Nakatsu, Heizaburo (1937)
Akune, Masayoshi (1937)
Kawazoe, Kuniyoshi (1937)
Takahashi, Jun’ichi (1937)
Kusumoto, Koichiro (1937)
Tonedate, Masao (1937)
Harada, Jozaburo (1937)
Togawa, Tadae (1939)
Uchida, Suematsu (1939)
Tei, Kaichi (1939)
Yamamoto, Kakuyoshi (1941)

Parmi l’ensemble de ces personnes, un très faible nombre est véritablement connu des pratiquants contemporains. On peut citer bien entendu  Ueshiba Morihei, fondateur de l’aikido,  Sagawa Yukiyoshi, réputé pour sa maîtrise de l’aiki, ou encore  Hisa Takuma qui étudia à la fois sous la direction de Ueshiba et de Takeda.

Bien moins connu, on trouve en fin de la liste ci-dessus, celui que l’on considère à juste titre comme le dernier uchi deshi de Takeda Sokaku: Yamamoto Kakuyoshi. Il obtint le kyoju dairi en 1941, soit environ deux ans avant le décès de Takeda.

Né Yamamoto Tomekichi, le 3 mars 1914 (3ème année de l’ère Taisho), la première impression qu’il eut en voyant Takeda Sokaku entrer dans l’établissement où il était cuisinier, fut celle d’un grand-père à l’allure mauvaise. Discutant de choses et d’autres, il apprit que ce vieillard était bujutsuka, et finalement Takeda lui proposa  de « venir essayer ». Cela se passait en 1937.

Ce fut par la suite qu’en 1941 il devint l’ultime uchi deshi de Takeda Sokaku.

Sur la fin de son existence, Takeda était suite à une chute invalide, et on peut facilement imaginer que lui servir d’uchi deshi devait être une rude tache. Outre la confection des repas, il devait l’ammener au bain en le portant sur son dos.

A de nombreuses reprises, ainsi perché sur son dos, Yamamoto entendit Takeda lui dire, « Excuse-moi, excuse-moi, Yamamoto ».

Cette proximité au quotidien permit à Yamamoto de découvrir que le ventre de Takeda était couvert de blessures de couteau.

Extrêmement vigilant, Takeda avait enseigné à des élèves dans tous le pays toujours en possession d’un poignard dans la poche intérieure de sa veste. Peu d’élèves étaient sans doute au courant, mais l’origine des blessures provenaient de fait qu’il dégainait toujours partiellement la lame lorsqu’il enseignait.

C’est depuis l’époque de sa jeunesse où il avait été impliqué dans des rixes que Takeda avait prit l’habitude de ne jamais se séparer de son poignard, et cela perdura jusqu’à son décès.

Le 25 avril 1943, lorsque Takeda Sokaku mourut dans un ryokan de la ville d’Aomori, Yamamoto se trouvait à ses côtés.

Takeda appréciait beaucoup Yamamoto, admirant sa capacité de mémorisation lui permettant d’apprendre rapidement les techniques

A la mort de son maitre, dont le nom complet était Minamoto Masayoshi Takeda Sokaku, Yamamoto changea son prénom en Kakuyoshi, en se empruntant deux des kanji de ses prénoms.

Un des seuls regrets de Yamamoto fut que lorsque Takeda Sokaku lui proposa d’apprendre le lancer de shuriken, il commit l’erreur de dire que cela lui semblait peu utile, à la suite de cela, Takeda se facha et ne lui enseigna jamais.

Yamamoto sensei poursuivit l’enseignement du Daito ryu et fut à l’origine de la création d’une école de Iaijutsu, le Mugen Shinto ryu (無限神刀流 ) qui repose sur les principes du Daito ryu et de la forme de Ono ha Itto ryu kenjutsu de Takeda.

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